Difficile d’écrire un texte par jour dans un environnement où il n’y a pas d’horaire. Hier je me suis installée à mon ordi, au bout de la table dans la pièce où nous nous tenons tout le temps, pour écrire mon texte. Comme d’habitude, je ne savais pas ce que j’allais écrire. Pour m’inspirer, j’ai commencé par lire mes courriels. Je n’en avais pas lu la moitié quand Denauzier s’est rendu compte que les fourmis, dans l’armoire de la cuisine où sont rangées les épices, n’avaient pas encore déguerpi, malgré le grand nettoyage qu’il y avait fait la veille. Par solidarité, je suis allée l’aider à tout vider et je lui ai offert de tout nettoyer pendant qu’il s’occupait du dîner. J’ai tout nettoyé. J’ai dîné. Ensuite, dans l’idée de me débarrasser des épices pour écrire mon texte, j’ai entrepris de les ranger, non sans vider dans le sachet de basilic en poudre un autre sachet de basilic en poudre, entamés tous les deux, probablement depuis une décennie, mais nous avons préféré ne pas les jeter. J’ai fait la même chose avec le paprika, la cannelle, les piments broyés, le poivre, le sel, etc. Puis j’ai établi une forme de classement de nos épices et fines herbes, à savoir les quantités en double –ou en triple ou en quadruple– sur la plus haute tablette. J’ai réservé les deux tablettes du bas aux épices et aux herbes les plus utilisées. Il faut dire que le sucre et la farine, pour une raison que j’ignore, sont aussi rangées à cet endroit. Alors j’ai mis les sacs, assez gros, de sucre et de farine dans de grands Ziploc. Puis le téléphone a sonné, c’était pour moi, j’ai donc pris le temps de m’asseoir et de parler. J’ai voulu reprendre mon activité quand le téléphone a de nouveau sonné, c’était pour Denauzier, de son frère, qui vérifiait s’il pouvait venir nous saluer. Nous avons donc passé le reste de la journée et de la soirée ensemble tous les quatre, puisque le frère était accompagné de sa femme. Au bout du compte, j’ai écrit mon texte pendant que Denauzier écoutait la fin des informations télévisées, à Radio-Canada cette fois. Et je me suis dépêchée de finir quand il s’est levé pour aller se coucher.
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