Finalement, après l’avoir cherché partout, après avoir même fouillé dans la litière de la chatonne Mia, c’est dire à quel point je l’ai cherché partout, j’ai retrouvé le téléphone cellulaire que Denauzier m’avait prêté.
– Maintenant, m’a dit Denauzier, j’aimerais que tu le traînes avec toi, en t’assurant, minimalement, qu’il est ouvert.
Mes lecteurs vont penser que le mot Maintenant, dans ce contexte, fait référence au fait que le téléphone a été retrouvé (dans le sac réservé à mon appareil photo et à l’équipement –objectifs, lingettes et lentilles– qui vient avec). Mais ce n’est pas le cas. Le mot Maintenant fait référence au fait que je suis sans lien d’emploi avec l’université depuis quelques jours et que je suis, par conséquent, beaucoup plus mobile. Je ne suis plus joignable en tout temps au numéro de téléphone que j’avais au travail, je ne suis plus assise huit heures par jour devant mon ordinateur et mes deux écrans.
– Comment te sens-tu ?, me demandent les gens que je rencontre. Ça doit faire tout un changement !
Je me sens en vacances pour l’instant. Telle est ma réponse. Je verrai plus tard, dans quelques mois, si je me sens autrement.
Le premier jour de mon arrivée définitive dans ma nouvelle vie chez Denauzier à St-Jean-de-Matha, j’ai voulu faire du quinoa aux poivrons grillés. J’ai voulu démarrer la cuisson du quinoa et faire griller les poivrons dès 10h30 le matin, pour que ce soit prêt quand on aurait eu faim.
– Tu veux préparer ça si tôt ?, m’a demandé mon mari.
– Bien oui, comme ça, après, je serai débarrassée.
Mais nous avons commencé à parler, enlacés sur le canapé, puis nous sommes allés inspecter l’état du garage, puis nous avons cherché une extension électrique, puis changé de place quelques électroménagers, les petits, dans la cuisine. Alors, de fil en aiguille, j’ai fait cuire le quinoa à 13h30 et une fois enlevées les peaux des poivrons, ce fut long, nous avons mangé le délicieux mélange aux alentours de 14 heures. Je n’avais pas fini de nettoyer les comptoirs et de ranger la vaisselle lorsque je suis allée dire qu’il faudrait préparer le doré, fraîchement pêché la veille, sans trop attendre. Du coup, nous nous sommes lancés dans la préparation d’un souper élaboré, avec potage au brocoli, haricots au sésame, le doré bien entendu, du pain grillé à l’ail qui a failli brûler, et pour dessert du yaourt aux fraises et à la crème glacée. Cela consiste à mettre dans le même bol du yaourt aux fraises et de la crème glacée (napolitaine). Puis nous avons invité la maman de Denauzier, puis, à la dernière minute parce qu’il était rendu passé 17 heures, les amis voisins. Nous avons terminé la soirée –je saute la description du souper qui a été réussi et fort agréable– en regardant le film Les ordres, de Michel Brault, que je n’avais jamais vu. Je ne pouvais pas espérer mieux pour le premier jour de mon arrivée définitive dans ma nouvelle vie chez Denauzier à St-Jean-de-Matha.
-
Badouziennes
Textes antérieurs
Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
Catégories