Jour 1 368

Ce n’est pas pour rien que j’ai préparé du quinoa le premier jour officiel de ma retraite chez Denauzier (qui est aussi chez moi, qui est donc chez nous). C’est parce qu’il en a lui-même parlé.
Denauzier n’est pas du genre couscous ou orge perlé.
Real men don’t eat quiche !, m’a-t-il déjà dit à la blague, un soir que nous étions attablés devant un steak d’orignal et un steak de caribou.
– Tu vas voir, lui ont dit ses amis alors qu’ils étaient à la pêche le week-end dernier (je n’y suis pas allée parce que j’étais trop inquiète de l’état de mon père), elle va te faire manger du quinoa et du tofu !
C’est Denauzier, bien sûr, qui m’a rapporté cet extrait de leur conversation. Je me suis dit que c’était une bonne idée, d’autant que je suis toujours embêtée par la composition des menus.
– Excellente suggestion !, me suis-je exclamée, j’en ai justement acheté (de même que du bulgur, du millet et du riz brun).
Il était 10h15, nous buvions du café à la table de la salle à manger. Vers 10h30, j’ai voulu préparer le quinoa pour en être débarrassée, mais ce n’est que vers 13h30 que je m’en suis occupé. Quand je m’en suis occupé, je me suis rendu compte que quelque chose, peut-être, avait changé : j’ai pris le temps de lire les directives de cuisson sans tourner les coins ronds, sans sauter de lignes, sans lire en diagonale en ne retenant que trois quatre mots. La première surprise d’une telle application, je me suis testée moi-même en relisant non seulement les directives mais la valeur nutritive. Plus tard en après-midi, au Métro d’alimentation où j’étais à acheter le brocoli et le bouillon de poulet, je me suis testée davantage en lisant les valeurs nutritives de toutes sortes de produits. Puis, en sortant, les sacs à la main, j’ai rencontré une collègue de l’université qui vit l’été à St-Jean-de-Matha et qui m’a demandé comment c’était, la retraite. Je ne lui ai pas dit que c’était une manière de lire plus lentement. Une fois terminé notre petit échange devant nos autos dans le stationnement, je me suis rendu compte que j’avais oublié la baguette qui allait se faire tartiner de beurre à l’ail et presque brûler, alors je suis retournée dans le magasin l’acheter. De fil en aiguille, je suis revenue pas mal plus tard chez moi, je veux dire chez nous, chez Denauzier, et nous avons dû cavaler pour la préparation du repas avant l’arrivée des invités.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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