Encore hier il était prévu que nous irions, Denauzier et moi, passer quelques jours en vacances de pêche en Abitibi. Ç’aurait été ma première expérience de pêche à vie. Compte tenu de l’état de papa, cependant, nous n’y allons plus. Mais comme, hier, je pensais qu’on y allait, je me suis rendue au centre-ville, après le travail, m’acheter des vêtements de sport.
– Tu n’as pas une seule paire de shorts ?, s’est étonné Denauzier lors de notre voyage en Floride.
– Non.
– Tu n’as pas une paire de jeans ?, m’a-t-il demandé un soir qu’on faisait un feu et que les bibittes me mangeaient les mollets.
– J’en ai une paire seulement mais je ne suis pas bien dedans.
– As-tu un maillot de bain ?, a-t-il voulu vérifier récemment alors que nous préparions notre expédition de pêche.
– J’en ai un vieux qui date de Mathusalem.
Je suis donc allée m’acheter quelques vêtements de type North Face et Columbia. Pour ce faire, avec Soniquette, j’ai emprunté le chemin de la Côte-Ste-Catherine, qui aboutit sur l’Avenue du Parc, et je me suis stationnée un peu au nord de la rue Sherbrooke. De là, j’ai marché sur la rue De Bleury jusqu’à la rue Ste-Catherine. En voiture, je me suis mise à penser à la gomme Thrills, autrement appelée gomme savon. Une femme enceinte n’aurait pas eu plus envie que moi hier de mâcher cette merveilleuse gomme. Je me suis aussitôt raisonnée, sachant que dans le quartier où je m’en allais, je n’en trouverais jamais, d’autant qu’il me semble que ça ne se vend même plus dans les dépanneurs. Je marchais donc rue De Bleury, l’esprit vagabondant entre papa si faible à l’hôpital de Joliette, la maison de Denauzier, la fin du travail à l’université … et la gomme Thrills. Comme je le fais presque tout le temps, je marchais la tête en l’air, observant sur les édifices à gauche, à droite, les détails des architectures. Je suis ainsi tombée, miraculeusement, sur un magasin de bonbons dont je ne me souviens plus du nom, qui vend de la gomme savon ! Pour ceux qui s’en souviennent, car j’ai déjà écrit à ce sujet, un paquet de gommes ne me dure jamais bien longtemps. J’en avais consommé la moitié avant d’arriver au Sport Expert où je me rendais, et la deuxième moitié du paquet a égayé mon retour à pied vers ma voiture. Aujourd’hui, alors qu’il s’est écoulé plusieurs heures depuis ma mastication et que je me suis brossé deux fois les dents, j’ai encore en bouche, bien qu’atténuée, la saveur de mon excès d’hier. Heureusement, mes déplacements à pied rue De Bleury sont rarissimes.
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