Jour 1 377

La toile a pour titre At the root, Jenny Kemp.

La toile a pour titre At the root, Jenny Kemp.

C’était la première fois depuis un bon moment que je passais hier une journée seule à la maison. J’ai travaillé je dirais une dizaine d’heures sur un projet artistique inspiré des belles toiles de Jenny Kemp, l’artiste aux lignes propres et élégantes comme on le voit ci-contre. Mon premier essai, quand j’ai tenté d’imiter ses études de lignes, a donné un petit bonhomme de type Pokémon Nintendo, pour ceux qui s’en souviennent. J’ai laissé traîner à la vue le Pokémon dans la cuisine-salle à manger, l’espace que nous habitons les 7/8 du temps, Emma et moi, pour m’en imprégner sans m’en rendre compte. En excluant le Pokémon, j’avais à ma disposition 4 autres toiles de format 8"X8" pour créer une série. Ça faisait plusieurs semaines que je me demandais comment donner une suite à Pokémon et bien entendu je ne trouvais pas la réponse. Je n’avais pas de réponse non plus quand je me suis installée hier pour commencer la suite et j’ai continué de me poser des questions durant je dirais les deux premières heures. Je travaillais lentement, en allant d’une toile à l’autre car les quatre étaient étalées devant moi, en me demandant si je voulais aller vers une transformation des motifs, ou pas, si je voulais intégrer de nouvelles couleurs, ou pas, si je voulais intégrer du figuratif ou n’aller que vers l’abstrait, etc. Je me disais en même temps que je n’irais jamais nulle part et que ma journée serait foutue si je n’approchais pas le geste de peindre avec spontanéité, la tête délestée de ces mille questions. Au détour d’un détail que je venais de terminer et qui ne me convainquait de rien, j’ai jeté mon dévolu sur le fond de la toile. J’ai couvert d’un rouge cramoisi (crimson) la portion de toile qui entourait le motton informe qui deviendrait un jour le sujet central. L’effet s’avérant trop prégnant, j’ai tout de suite (pendant que l’acrylique était encore mouillée) voulu atténuer la couleur foncée en couvrant quelques endroits du fond d’un rose presque bonbon. Je m’apprêtais à étendre religieusement le rose que je venais d’appliquer grossièrement lorsque je me suis rendu compte, dans la seconde, que c’est cet effet grossier qui donnait un intérêt à mon projet. Du coup, je n’ai plus eu qu’à peindre, en me laissant porter par les agencements qui se manifestaient d’eux-mêmes, pendant les autres heures –bénies– de la journée. J’aime le résultat. J’ai hâte de le montrer à Denauzier.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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