Il y a quelque chose qui ne marche pas dans mon calcul : j’arrive à 796 textes écrits en 4 ans, or je devrais arriver à 880 puisque mon postulat de base était que j’allais produire 220 textes par année. J’arrive presque 100 textes en dessous. Je vais devoir écrire au-delà de dix ans ou alors me rattraper en cours de route…
Ci-contre, une oeuvre classée Drawing, et non Painting, en provenance du site Saatchi, d’un artiste canadien Alexander Jowett, intitulée Poems to the Sea ou Indigo Dreaming. Il me semble que je devrais être capable de produire une toile similaire en m’appliquant pour tracer des lignes droites, mais, encore une fois, quelles ne seraient pas les surprises que je rencontrerais en cours de route si je m’y mettais. C’est à se demander si je serais capable de reproduire une toile sur laquelle il n’y aurait que de la couleur en dégradé, aucune ligne, aucun motif, et bien entendu aucun dessin, quand on sait que je ne sais pas dessiner. Bof.
Ce qu’il m’importe d’écrire aujourd’hui, au-delà des embûches du blogue et de la peinture, deux sujets qui ne sont intéressants qu’à peu près pour moi seule, c’est que je suis allée hier à l’hôpital de Joliette où se trouve mon papa. Il a de l’eau sur les poumons. Nous étions les quatre enfants autour de lui, à savoir Bibi, Les grandes pattes d’ours, Swiff Smith et moi. Les chambres sont petites, occupées par deux malades et l’espace y est restreint, alors papa nous a dit à un moment donné qu’il serait préférable que l’on se déplace autour de la table, dans la cuisine, pour être plus à l’aise. Sur ces mots, il s’est levé pour trouver où étaient la table, et la cuisine, dans ce nouvel environnement bourdonnant de monde et d’activité, construit tout en long, et qui s’appelle un corridor. Je l’ai suivi et nous avons arpenté le corridor parsemé lui aussi, comme mon blogue et ma peinture, d’embûches aux formes multivariées, qui vont des piles de serviettes et de jaquettes aux charriots de produits nettoyants, de fauteuils roulants, de visiteurs, d’infirmières et de malades. Oubliant apparemment la quête de la table et de la cuisine, papa s’approchait de certains objets pour les toucher puis poursuivait sa trajectoire, à petits petits pas.
– Quels traitements envisagez-vous ?, lui a demandé le cardiologue plus tôt dans la journée. Si nous découvrons qu’il faut vous opérer, serez-vous d’accord ?
– J’ai soixante ans de garage, a répondu papa, quatre enfants qui sont tous bien placés, j’ai eu une bonne vie, je ne désire pas me faire opérer.
– Vous vous sentez prêt à partir au ciel ?, a voulu vérifier le cardiologue.
– Je me sens prêt, a répondu papa (en croquant dans une languette de Kit-Kat parce qu’il avait faim).
C’est la deuxième fois —jours 1 419– que j’entends de tels propos de la bouche des cardiologues.
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