Jour 1 381

Cadeau qui devait être lourd à transporter !

Cadeau qui devait être lourd à transporter !

Un événement coïncide avec la fin de mon travail à l’université : le tube de pâte dentifrice Sensodyne qui m’accompagne depuis des années, dans le tiroir de mon bureau, est sur le point de se terminer. Encore deux ou trois brossages et je vais devoir le jeter. J’ai eu l’occasion de le passer quelques fois à une collègue qui nous a quittés l’an dernier, et récemment à Ludwika qui m’en demandait pour la première fois. Réalisant que ça fait un bout de temps que le tube est rangé dans mon tiroir, je l’ai déplié à l’instant, parce qu’il était plié et retenu à son extrémité pliée par une pince métallique –normalement destinée à retenir du papier–, pour en lire la date de péremption : mars 2012 ! Dans l’esprit de ma fin prochaine de travail au pavillon qui est le mien, je me suis dit qu’il fallait que je compte le nombre de marches que je monte depuis treize ans quand j’arrive le matin. Moi qui suis toujours en train de compter dans ma tête, je me demande comment ça se fait que je ne les ai pas comptées avant aujourd’hui. Il y en a 72. Quand je serai chez Denauzier, je vais monter et descendre l’équivalent de plusieurs fois 72 marches par jour, en allant et venant sur les trois étages de sa grande maison. On peut donc avancer que les treize ans pendant lesquels j’ai été hébergée dans mon pavillon m’auront préparée à circuler sans trop d’effort dans la maison de Denauzier. Toujours dans la perspective de mon départ définitif à venir dans quelques jours, j’ai fait imprimer les quatre tomes de mon projet décadien, soient les 796 textes que j’ai écrits en 4 ans. Il y en a pour 767 pages de format 8,5 X 11 imprimées à interligne et demi. Ça va faire beaucoup de petits paquets de feuilles à perforer pour les insérer dans quatre cartables, un par année, et, telle que je me connais, probablement beaucoup de confettis qui vont se retrouver sur le plancher. Je compte aussi rapporter mes cactus qui ornent, avec les cactus de Ludwika, la bordure de notre grande fenêtre. Il y en a quatre. Je vais donner à Ludwika, parce que je sais qu’elle les aime, les plaques d’améthystes qui m’ont été offertes il y a plus de vingt ans, par des collègues de l’université, pour me remercier d’avoir participé de très près à l’organisation d’un congrès en informatique. Il y en a deux qui ornent déjà la bordure de la fenêtre, côté Ludwika. Donc, elles vont tout simplement rester là. Je récapitule : mon tube de dentifrice est sur le point d’aller à la poubelle, pour ma part je vais aller habiter chez Denauzier, les quatre cartables et les quatre cactus viennent avec moi, et les confettis auront été ramassés d’ici là.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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