Par solidarité pour la dame rencontrée dans le métro qui portait sa robe noire au quart dézippée dans le dos, la semaine dernière, j’ai porté ma robe boutonnée du premier bouton et pas des trois autres, dans le dos, samedi dernier, alors que le thermomètre indiquait 36°C à l’extérieur.
– Chérie, on dirait que ta robe n’est pas boutonnée, m’a dit Denauzier à un moment donné.
Je ne sais pas ce que j’ai inventé, mais je me suis arrangée, toute à ma solidarité, pour qu’on se mette à parler d’une chose qui allait nous faire oublier la robe. C’est une jolie robe fleurie en coton que j’avais achetée pour chouchou –qui avait huit ans– pour le mariage de mon cousin. Quand Denauzier est arrivé chez moi samedi dernier, je me suis sentie obligée de lui expliquer que je portais cette robe parce qu’il faisait tellement chaud et que c’était la plus légère de ma garde-robe. De la même manière, je me suis sentie obligée de lui expliquer qu’est-ce que nous mangions, au juste, dans la mesure où la cuisson de mes pilons de poulet marinés au kéfir en a passablement altéré l’aspect. C’était bon, mais pas délicieux comme je l’avais annoncé dans un texte précédent. En accompagnement, j’avais préparé en quantité industrielle des pommes de terre et choux-fleurs aux épices jaunes de type cumin (pas tout à fait jaune), cari et curcuma. La recette provient du journal Métro que je lis le matin en me rendant travailler. Lire est un bien grand mot. Je tourne les pages sans y trouver d’intérêt car il me semble que les nouvelles se ressemblent toutes. Quand je suis rendue à la page de la recette, c’est-à-dire à la toute fin de mon trajet car c’est la dernière page du journal, j’ai à peine le temps de la balayer du regard. Alors je range le journal dans mon sac pour pouvoir lire la recette lors de mon trajet de retour. Quatre fois sur cinq, j’oublie que le journal est dans mon sac. Cependant, il m’est arrivé d’avoir l’esprit pratique et de commencer le journal par la dernière page dès le début de mon trajet. C’est ainsi que j’ai conservé la recette des pommes de terre et des choux-fleurs et une recette de gâteau aux canneberges que j’ai faite chez Denauzier dans le temps de Noël.
-
Badouziennes
Textes antérieurs
Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
Catégories