Finalement, nous avons revu notre stratégie. Le nous désigne ici ma fille et son amie, une amie qui a son permis de conduire et, même, une automobile. Nous allons nous rendre les trois ensemble à mon mariage. C’est plus festif que de partir seule. Je me rappelle m’être rendue seule à l’Hôtel-Dieu, en taxi, quand est venu le temps de me faire opérer. Ce n’est pas nécessaire de faire pareil cette fois-ci. Les filles vont venir me cueillir devant mon édifice, au travail, à 15h45. C’est moins exagéré que mes prévisions initiales qui me faisaient quitter mon bureau à 14h. Je ne sais pas encore si je vais choisir de me changer dans les toilettes publiques, au travail, ou sur la banquette arrière du véhicule en cours de route. Ou chez ma sœur. Le plus normal, bien entendu, serait de me changer chez ma sœur. Emma compte porter une très jolie robe en coton marine et blanc qu’elle a achetée 1$ au bazar du collège, qui est un peu serrée à la taille cependant. Je ne sais pas comment sera habillé Denauzier. Je sais en revanche qu’il a emprunté un veston d’habit à son frère et qu’il ne devrait pas porter ses jeans dont les bords, à toutes les paires que je lui connais, sont élimés. On comprend qu’il y a encore quelques inconnues dans l’organisation de l’événement et je dirais que cela me convient. J’ai été informée d’un élément nouveau, aujourd’hui, au travail : j’ai droit à un congé payé de cinq jours pour mon mariage ! Comme j’essaie de terminer tout l’exercice de mes publications avant de quitter pour la retraite dans quelque trente jours d’ici le 1er juillet, je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée de m’absenter une semaine. Mais je pourrais peut-être prendre deux jours. Si notre mariage était le moindrement planifié, comme le sont habituellement les mariages, je me demande quelle serait la destination que je privilégierais pour notre voyage de noces. J’ai déjà demandé à Denauzier s’il aimerait qu’on aille constater la presque absence de reconstruction à la suite du tremblement de terre, à Haïti, mais il n’était pas tenté. Des amis nous ont aussi parlé des états pauvres que sont le Tennessee et l’Alabama. Je ne sais pas pourquoi, cela me fait penser à la conversation que nous avons eue, un matin au petit déjeuner, à propos du gruau dont nous avions préparé une version à base de grains, et non de flocons, qu’il faut cuire pendant une demi-heure en remuant souvent. J’avais demandé à Denauzier s’il aimerait qu’on essaie, un matin, de manger de l’orge mondé. Il m’avait drôlement regardée.
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