Le 21 mai prochain, maman aurait eu 78 ans. Après notre cérémonie de dix minutes chez le notaire, cérémonie que nous allons étirer un petit peu avec du vin mousseux, peut-être même avec du champagne, nous allons nous rendre, à pied parce que c’est à côté, au bistro La Belle Excuse partager un repas. Nous y sommes allés samedi dernier, Denauzier et moi, étudier avec la gérante de quelle manière les tables pourraient être placées. En descendant de la moto, parce que nous étions en moto, je me suis rendu compte que l’édifice juste à côté de celui qui abrite le bistro est un bloc de huit appartements dans lequel maman a déjà habité. Double présence de maman, donc, le 21 mai prochain, par la date anniversaire de son décès et par l’appartement. L’appartement était au sous-sol. Je me rappelle y être allée une fois. Il était à moitié meublé. Sur la table de la cuisine, il y avait un miroir sur pied, qui donnait à penser que maman l’avait utilisé pour se maquiller, ou se démaquiller. Le lieu était triste à mourir. Le contraste est énorme avec l’état dans lequel j’étais, le 21 mai 2014, en fin de journée, lorsque dans le stationnement du centre d’alimentation, après la cérémonie des funérailles, j’ai rencontré le conducteur d’une deux CV. J’étais exaltée. Lorsque nous allons défiler en procession sur le trottoir, entre le bureau du notaire et le bistro, nous allons tous passer devant cet appartement. J’aurai une pensée pour maman. Seuls Bibi et papa, des invités au mariage qui vont défiler sur le trottoir, sont au courant pour l’appartement, mais peut-être qu’ils ne s’en rappellent pas. Je vais leur en parler. Comme ça, quand nous allons défiler, nous serons peut-être trois personnes à avoir une pensée pour elle.
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