Jour 1 426

Les coussins fatboy

Un coussin fauteuil Fatboy

Je suis allée à la Nocture du Musée d’art contemporain vendredi dernier, seule avec moi-même. Il y avait de la musique techno et des effets d’éclairage –surtout dans les teintes de bleu– pour nous accompagner au long de notre parcours. Il y avait aussi une odeur de maïs soufflé, je me serais cru au cinéma. Il y avait enfin beaucoup de gardiens de sécurité, comme s’il risquait de survenir une rixe, peut-être à cause des fauteuils hyper confortables qui étaient installés en quantité trop limitée pour le repos des visiteurs. Fidèle à moi-même, je suis arrivée avant tout le monde et j’ai quitté quand les invités commençaient à arriver. De la sorte, j’ai pu profiter des coussins fauteuils avant la cohue, en mangeant non du maïs qui risquait de me donner encore plus soif que la soif que j’avais déjà, mais en mastiquant des olives vertes payées 3$ pour une petite dizaine. Ainsi assise et désirant ne plus jamais bouger, savourant les olives, je me suis demandé comment ça se fait qu’untel est exposé et que moi je ne le suis pas. C’est une question de réseau, de contact, d’appartenance à un milieu, me suis-je dit en première réponse. Je me suis aussitôt formulé la question qui tue, à savoir qu’est-ce qui arriverait si je faisais partie d’un réseau et que j’étais connue. Serais-je sélectionnée quelque part pour exposer ? Heureusement, j’ai vite balayé cette question. Ça doit faire un million de fois que je me la pose, par rapport aux entrevues de sélection pour un poste à l’université, par rapport aux éditeurs, par rapport aux toiles à l’acrylique. J’ai plutôt tenté de me remémorer les œuvres que je venais de voir, dont certaines que je connaissais déjà. Ça me fait un petit velours de constater que je connais des œuvres et des artistes.

La porte moustiquaire de Rodney Graham

La porte moustiquaire de Rodney Graham

Parmi les œuvres, j’ai reconnu la porte de Rodney Graham et je me suis demandé, bis, comment ça se fait que c’est une œuvre d’art. Il faudrait que je lise à ce sujet pour y comprendre quelque chose. Mais Rodney est l’artiste qui a fait le film en boucle que j’ai écouté autrefois jadis avec mon ami Yvon. Comme j’en aimais la musique, je ne voulais plus quitter la salle de projection. À cette même exposition qui présentait le film en boucle, il y avait aussi un immense madrier qui traversait une salle, déposé sur des chevalets, une invention d’un artiste homme dont la femme, décrite comme étant une subversive féministe, s’était jetée en bas de leur édifice, à New York, après seulement huit mois de mariage. Je me suis rappelé avoir écrit là-dessus, sur le film en boucle, sur le madrier et l’activiste féministe. Mes lèvres ont esquissé d’elles-mêmes un sourire à l’idée que j’avais écrit là-dessus. Sans m’en rendre compte, j’ai quitté le coussin fauteuil fatboy, animée par la hâte d’arriver chez moi découvrir dans quel texte j’avais écrit là-dessus. C’est dans le texte 2 186, il y a de cela trois ans.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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