Jour 1 448

Je tombe par hasard sur cette photo

Je tombe par hasard sur cette photo.

Je tombe par hasard sur cette photo d’un hélicoptère et cela me fait penser à Denauzier car il travaille dans le domaine des hélicoptères. La photo a été prise par François, en mars 2009, nous marchions sur le lac Noir, il faisait très froid au grand vent, à St-Jean-de-Matha. Emma était avec nous, pas sur le lac mais pendant la semaine de relâche, semaine qu’elle avait passée en grande partie à lire les tomes de la saga Twilight. Nous avions loué une grande propriété cossue juste à côté de celle de papa. Je n’ai pas souvenir d’avoir vu papa tant que ça, mais peut-être le soir pour regarder des films. J’avais passé une grande partie de la semaine, quant à moi, à tracer des lignes, encore, pour représenter des portes persiennes. Les portes persiennes avaient la même fonction que mes pseudos cerisiers en fleurs sur ma toile récente. Elles constituaient le fond d’un grand dessin qui représentait le visage, en gros plan, d’une femme que je ne connais pas.
Si mes activités de traçage de lignes se sont maintenues pendant ces six années, plutôt inchangées, je n’en reviens pas à quel point, moi, j’ai changé. À l’époque, je portais les cheveux longs sans teinture. François, qui avait les cheveux longs aussi, nous achetait des shampooings conçus pour donner de l’éclat aux cheveux gris. J’avais d’ailleurs été très attentive, et François pas du tout, donc je l’avais été pour deux, à l’accumulation des cheveux dans la tuyauterie de la baignoire pendant cette semaine de location dans la grande maison.
Je n’avais pas été opérée pour le remplacement de ma valve mitrale. Je ne l’entendais pas battre comme je l’entends battre maintenant, dès que je me retrouve dans un endroit tranquille. Denauzier me dit qu’il a parfois l’impression qu’elle bat à travers lui quand nous nous enlaçons. Si je devais être privée de ce battement de valve, aujourd’hui, je veux dire privée du bruit du battement, je serais bien contrariée parce que j’adore être ainsi accompagnée.
Je portais un anneau à l’annulaire que je n’aimais pas parce que je le trouvais trop gros. Je n’avais pas encore commencé à écrire un texte par jour sur mon blogue. J’ai commencé ça en 2011, quelques mois après le décès de François en 2010. Je ne conduisais pas encore ma Sonic, même si cela n’a pas grand-chose à voir avec ma personne en tant que telle. Je n’étais pas aussi avancée dans la pratique d’une alimentation frugale basée sur des tapons de verdure que je mastique sans vinaigrette. Je ne connaissais pas Denauzier. J’étais à mille lieues d’imaginer à quel point la rencontre d’un homme, de cet homme, allait me transformer.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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