Un lecteur attentif m’a fait remarquer qu’avec 8,56$ on ne va pas chier loin (c’est l’expression qu’il a utilisée) et qu’il est impossible qu’à ce prix-là je sois ressortie du Métro d’alimentation avec quatre sacs.
– Tu as omis un 8, m’a-t-il dit, en sous-entendant que ma facture s’était élevée à 88,56$.
Nous étions dans le métro ce matin, le métro de la STM, cette fois, nous rendant travailler. J’ai eu le temps de lui expliquer la raison pour laquelle mon passage à la caisse s’était conclu sur un si petit montant : c’était la deuxième fois que j’y passais.
Quand on raconte une histoire, il n’est pas possible d’y inclure tous les détails et les étapes véritables. Parfois il faut tourner les coins ronds, sans quoi l’histoire perd de son intérêt. Ainsi, quand j’ai fait les courses qui sont au centre de mon texte d’hier, je pensais, outre ma conversation avec la dame qui m’est chère, au menu que je désire servir à Denauzier. Après une absence de 12 jours à Winnipeg, qui m’en ont paru 120, nous allons souper ensemble ce soir et manger du saumon. Après m’être assurée que j’avais dans mon panier le saumon, le cumin, le miel et les graines de sésame qui sont les ingrédients de la recette, je suis allée payer mes affaires. Je suis passée à la caisse une première fois, sans savoir qu’il y en aurait une deuxième, et je suis sortie me placer à la queue de la file des gens qui attendaient l’autobus 51. Il faisait froid et venteux. Il n’y avait pas d’autobus à l’horizon, sur le chemin Reine-Marie, quand j’ai réalisé que j’avais oublié le papier hygiénique. Je suis alors retournée dans le Métro d’alimentation avec mes trois sacs déjà payés, presque contente d’avoir un prétexte pour retourner au chaud. Je me suis dirigée rapidement vers la bonne allée, j’ai choisi un format pas trop encombrant et donc moins économique car vendu en plus petite quantité. Je me suis rendue à la caisse payer le papier non économique. Je l’ai déposé sur le comptoir de la caisse et je me suis mise à rêvasser en attendant mon tour. C’est à ce moment-là que commence mon texte d’hier, au moment de ma rencontre avec l’anglophone aux yeux rieurs qui a répété plusieurs fois Excuse me.
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