Le week-end dernier, pendant que Denauzier était en expédition de motoneige en Abitibi, j’étais dans ma salle à manger à Montréal, le samedi après-midi, en train de créer sur ma toile des motifs d’inspiration africaine sur le tapis, sous ma belle chaise. Encore là, rien qui me permette de m’éclater, de me lâcher lousse, de multiplier les gestes amples, mais plutôt un travail de moinesse avec des pinceaux très fins qui contiennent au maximum quinze poils, je dirais. Une fois le tapis rectangulaire délimité sur la toile par une ligne noire, assez forte, tracée cette fois avec un pinceau moins famélique, je me suis rendu compte qu’il manquait les lattes du plancher, sous le tapis, pour qu’on ne pense pas que le tapis flotte dans les airs. Je désire en effet approcher cette toile sans faire trop de place à l’interprétation, je mise sur le figuratif. J’ai travaillé les lattes hier lundi. Le résultat est satisfaisant. Comme j’allais m’arrêter vers 22 heures pour aller écrire le texte 1 462 qui n’était toujours pas écrit, j’ai pensé qu’il me fallait, pour faire ressemblant, tracer des nœuds dans le bois. J’ai tracé les nœuds et je me suis dit que j’allais en profiter pour essayer de trouver en même temps ce que j’allais écrire. Le mot aimant s’est imposé à mon esprit, et l’histoire du souper chez Bibi avec papa et Diana Krall et la trouvez-vous belle ou pas belle a pris naissance au fur et à mesure que les nœuds s’accumulaient. C’est ainsi que le week-end dernier, pendant que Denauzier était en expédition de motoneige en Abitibi, j’ai travaillé sur ma chaise et mon tapis, j’ai fait la route jusque chez Bibi pour souper avec elle, et son mari, et papa, et Diana Krall, et qu’au retour après ma soirée avec eux, conduisant ma voiture, et ne le sachant pas encore, je portais en moi le contenu du texte 1 462.
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