Jour 1 466

Annie est-elle vraiment plus grande ?

Annie est-elle vraiment plus grande ?

Mince. Je suis pas mal déçue par mon texte d’hier. En me relisant, je constate à quel point je n’ai pas su exprimer l’effet qu’a eu sur moi la scène de la baignoire, scène extraite d’un film dont je ne connais pas le titre, film que j’ai vu –très très partiellement– à la télévision chez Denauzier. Je me relis et je ne ressens aucune poésie. C’est plat, ça ne vibre pas. C’est rare que je suis déçue à ce point-là. Même quand mes textes ne sont pas bons, j’arrive à y déceler une intention qui me  touche. Il aurait peut-être fallu que je fasse appel au sens de l’ouïe en précisant, par exemple, que l’homme se fait cajoler tendrement par sa femme au son léger du clapotis de l’eau. Peut-être que le film est trop quétaine et qu’on ne peut, même quand on veut, extraire de la beauté d’une matière qui ne la privilégie guère. Il faut dire que je ne me suis pas aidée en choisissant des mots très pragmatiques, à savoir que la femme lave et nettoie les blessures de son mari. On se sent à l’hôpital.
Je profite de ce retour sur le texte d’hier pour préciser que je connais au moins un couple cinématographique dans lequel la femme est un peu plus grande que l’homme, c’est celui d’Annie Hall et de Woody Allen.
Je me console du manque d’élan de mon texte d’hier en me disant que j’ai réussi à tracer une chaise sur ma toile de format 3" X 5". Emma m’a suggéré de retravailler le siège de la chaise qui semble écraser les pattes qui semblent, elles, glisser jusqu’à s’écarteler. Je pourrais aussi, selon elle, redimensionner le dossier qui semble conçu, par rapport au siège, pour une chaise haute de bébé. Et il y a un barreau, entre les quatre pattes, qui n’est pas crédible.
– On dirait du cubisme, a conclu l’amie d’Emma.
– En plein ça, me suis-je dit tout bas, n’osant pas l’exprimer tout haut. Ma chaise va rester comme ça, déformée, ou disons modelée à ma manière en fonction de mes capacités.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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