Jour 1 475

Ce n’est pas vrai que je désire tant que ça payer cher les produits que j’achète. Dans le cas récent de la crème à mains, ce qui est arrivé, c’est que la vendeuse, de peau noire et habilement maquillée, –elle portait une ombre à paupière vert pâle qui était du plus bel effet–, m’a proposé d’entrée de jeu une crème LaRoche-Posay. Or, LaRoche-Posay est une marque de produits qu’Oscarine affectionne. Alors par amitié, j’ai voulu acheter un produit qui allait, à chaque fois que j’allais l’utiliser, me faire penser à elle. C’est ça le motif véritable qui a présidé à l’achat de la crème à 10$ le petit tube, nonobstant que Bibi m’ait montré que j’aurais pu payer 6$ chez Vichy un tube deux fois plus gros. J’ai tendance à faire de l’esbroufe, à décréter de nouvelles théories, par rapport à ceci ou à cela, mais dans le fond je ne fais qu’obéir aux élans de mon cœur.
J’étais à l’Hôtel-Dieu ce midi pour faire tester mon temps de prothrombine, 4,0, c’est un peu haut. Il faut dire qu’en Abitibi le week-end dernier j’ai testé les différences que mes papilles étaient capables de détecter entre du Baileys commercialisé et un équivalent de Baileys fait maison (délicieux) et un autre alcool de la même famille, mais encore plus sucré, qui s’appelle je crois Coureur des bois. L’alcool fait augmenter le temps de coagulation, alors que la vitamine K, présente dans les légumes verts, la fait baisser. C’est lorsque le temps de prothrombine est trop bas que c’est dangereux pour ma valve. Quand il est trop haut, comme aujourd’hui, le cardiologue me dit de baisser ma dose de Coumadin pour un soir seulement et de continuer le même dosage par la suite et de revenir dans un mois. Pour m’aider, je suis quand même aller m’acheter, au restaurant japonais du coin de la rue Des Pins et St-Urbain, de la salade d’algues très vertes. Je suis sortie du restaurant avec le contenant d’algues, des baguettes et une serviette de table dans un sac en plastique. Pour ne pas perdre de temps, j’ai mangé la salade au coin de la rue en attendant l’autobus 80. Je me suis dit que si j’étais encore capable de me permettre le luxe de manger dehors avec des baguettes, en portant mes gants, debout sur le trottoir glacé, je serais bien folle de ne pas en profiter. Je ne serai plus capable de faire ça à l’âge de papa, admettons, quand je serai peut-être, comme lui, légère comme une plume qui s’envole au moindre souffle de vent, d’équilibre précaire sur mes deux pieds, et atteinte de Parkinson au bras droit.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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