C’est plus facile de quitter une centaine, la cinq centaine d’hier, que d’entrer dans une nouvelle, la quatre centaine d’aujourd’hui, avec tous les chiffres de 99 à 00 que je dois égrener un à un pour atteindre la trois centaine. Fiou ! Il faut avoir les reins solides. En même temps, il suffit, tout le monde le sait, de ne pas y penser. C’est donc en ne pensant pas à tout ce qu’il me reste à écrire, que j’écris aujourd’hui. De la même manière, c’est en laissant mes doigts taper sur le clavier, sans que je pense à ce qu’ils sont en train de taper, que j’écris les plus beaux moments de ma décade. Pas les plus beaux, il ne faut rien exagérer, mais les plus inattendus. Ainsi, récemment, j’ai écrit à mon amie qu’il suffit, dans la vie, d’avoir la foi. C’est l’fun, avoir la foi. J’ai foi qu’il se trouve au moins un stylo avec lequel je peux écrire, dans mon bureau de travail où je suis ce soir, à la maison. Chose qui n’arrive jamais, j’ai reçu trois coups de téléphone presque à la suite, qui nécessitaient chacun que j’aie à ma portée du papier et un crayon pour noter des renseignements. Au premier coup de téléphone, je n’ai trouvé, dans l’un des cinq contenants qui me servent de rangement pour des stylos, qu’un crayon à mine tout sale, pas aiguisé, aux trois-quarts rongé. Le reste du contenant était constitué de surligneurs et de marqueurs Sharpie de toutes les grosseurs, tous plus inutiles les uns que les autres. Arrive le deuxième coup de téléphone. Je me suis empressée de me tourner vers un autre contenant, pour ne pas réutiliser le crayon à mine tout sale. J’ouvre une parenthèse pour mentionner que les contenants sont soit des récipients métalliques qui contenaient à l’origine du café Illy, soit de beaux cylindres de carton qui contenaient à l’origine de la poudre de cacao FRY’S. Le deuxième contenant –cacao FRY’S– était rempli de crayons de couleur de bois. Des Prismacolor, des Crayola, des Laurentien, tous en plus mauvais état les uns que les autres. J’étais en train de me dire que je devais acheter des stylos qui écrivent, à pointe fine, en feutre et non à bille, quand le téléphone a sonné une troisième fois. Cela m’a énervée, non pas que le téléphone sonne à nouveau, mais que je sois si mal équipée pour écrire, à tel point que je pense avoir répondu un peu sec. Rebelotte. J’ai eu besoin d’un crayon. J’ai repris le petit sale cathéreux qui m’avait également dépannée pour le deuxième appel. J’ai noté ce que j’avais à noter. Ensuite, foi pas foi finalement, et sans attendre que le téléphone sonne une quatrième fois, je me suis rendue au Pharmaprix, au coin de ma rue, acheter des pointes fines. Il n’y en avait pas, alors j’ai filé droit au Jean-Coutu. J’en suis revenue avec huit pointes fines 0.5, en feutre, de marque Pilot Hi-Tecpoint. Je suis prête pour le prochain appel.
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Badouziennes
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8 ?! Il va te falloir beaucoup d’appels pour qu’ils ne sèchent pas dans l’attente. J’ai de la misère à utiliser jusqu’au bout juste 2 ou 3 de ces crayons feutre avant qu’ils ne meurent déshydratés (je sais, désalcoolisés). Est-ce qu’on peut congeler ça, des stylos feutre? Je suppose que oui; tu voudrais tenter l’expérience avec le no.8 ?
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Je peux essayer de congeler. Sur les huit stylos, il y en a un qui va se retrouver dans mon sac à main, et peut-être aussi un autre dans une autre pochette du même sac, deux ou trois stylos vont se retrouver ici et là dans la maison à des endroits où on ne s’attend pas à trouver un stylo, comme lorsque ma fille dépose ses chaussettes sales, en boule, sur la table de la cuisine… ou une débarbouillette, mouillée, en boule elle aussi, coincée derrière le robinet de l’évier de la salle de bains… 🙂
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