C’est un beau numéro, le numéro 1 500 du jour d’aujourd’hui. C’est un numéro qui donne envie d’aller m’acheter des bottes, des cavalières qui me font des clins d’œil depuis la vitrine du magasin sis rue Monkland. Pour ne pas me laisser tenter, parce que je ne suis pas certaine d’avoir l’argent pour les payer, je marche sur le trottoir du côté opposé. Ou encore, c’est une journée que j’aurais dû commencer en profitant de la carte Starbucks que m’a donnée Denauzier et en m’achetant, on s’y attend, un café. J’aurais choisi un Americano corsé et bien chaud. La dernière fois que j’y suis allée, alors que je ne disposais pas de la carte que m’a donnée Denauzier, j’ai été déçue que mon Capuccino Latte ne soit pas très chaud et pas corsé, après avoir pourtant demandé qu’il le soit. En tout cas. Je n’achèterai pas de bottes ce soir puisque le magasin est déjà fermé au moment où j’écris ces lignes. Et il est trop tard pour boire un café. Il n’empêche que la journée de ce beau numéro 1 500 a bien commencé puisque je n’ai pas payé mon titre de transport. Arrivée en effet à l’endroit où il faut déposer sa carte sur le lecteur optique pour que les panneaux s’ouvrent et nous permettent de passer, une dame me bloquait le passage parce qu’elle n’avait pas de billet, pas de carte, et qu’il n’y avait pas de préposé dans la cabine où elle aurait pu en acheter. Plutôt que de lui expliquer qu’elle pouvait acheter un titre de transport à la machine distributrice, machine à laquelle il y avait une longue file d’attente puisque nous sommes en début de mois, je lui ai montré, en lui disant de me suivre, que nous pouvions passer par la porte réservée aux mamans qui voyagent avec des poussettes. J’aurais eu l’air zouave si elle avait été verrouillée, mais elle ne l’était pas, alors j’ai souri à la dame et je lui ai souhaité une bonne journée. En descendant les escaliers mécaniques, j’ai perçu la voix d’une jeune fille qui chante régulièrement au métro Villa-Maria, le matin, accompagnée de sa guitare. J’aime sa voix, ses chansons, son style, ses cheveux longs. Alors me rappelant que nous habitons une seule et même planète et que nous constituons, tous autant que nous sommes, une grande famille unie, j’ai fouillé dans les poches de mon manteau. D’habitude, il n’y a pas une cenne qui traîne, mais cette fois je savais qu’il y en traînait. Pas d’argent à la STM, mais un montant équivalent dans l’étui de la guitare, aux pieds de la musicienne.
-
Badouziennes
Textes antérieurs
Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
Catégories