Jour 1 509

Une petite Miata

Une petite Miata

Oh oh ! J’ai rêvé que je conduisais une voiture à une seule place, une décapotable de style Mazda Miata, aussi déglinguée cependant qu’une vieille 2 chevaux Citroën toute rouillée. Une voiture à une seule place ? Certains vont penser que Denauzier et moi nous sommes quittés. Or, c’est plutôt de chouchounette qu’il s’agit. Voulant faire une course avec elle, je réalisais qu’il n’y avait pas de place dans ma voiture… J’ai quitté la maison familiale à 17 ans pour aller étudier au Conservatoire de Québec. Familiale il faut le dire vite. Comme mon père était encore légalement responsable de moi, il m’a trouvé une chambre chez une dame veuve qui habitait un bungalow typique du quartier avec ses deux derniers enfants. Je ne me rappelle pas du prénom du garçon, beau comme un dieu qui portait les cheveux aux fesses et prenait des douches longues à n’en plus finir à cause justement de ses cheveux. Je me rappelle de sa fille, Michèle, qui m’a détestée avant même que de me regarder. Bof. La maison était située au fin fond de Ste-Foy, à l’autre bout du monde par rapport au Conservatoire, qui était et est toujours logé dans l’édifice du Grand théâtre sur le boulevard St-Cyrille, qui s’appelle maintenant René-Lévesque. Pour m’éviter des heures d’autobus, le numéro 11, et m’éviter aussi les railleries de la fille, je n’ai pas tellement profité de ma chambre louée, si on peut dire les choses de cette façon. Je préférais dormir chez des amis. L’ami qui m’a le plus souvent hébergée n’habitait pas proche du Conservatoire lui non plus, mais son quartier était plus poétique que le mien, à savoir celui du Petit-Champlain. On traversait les plaines d’Abraham pour se rendre jusqu’à un escalier très long qui nous conduisait au bas de la falaise. En hiver, par grand vent, c’était froid en titi. Après quatre ans de Conservatoire, j’ai étudié la littérature à l’Université Laval. J’ai habité plusieurs endroits, avec des musiciens, des littéraires, des marxistes-léninistes, des féministes. J’étais passablement mal dans ma peau, avec tout le monde et en tout lieu. Emma est bien dans sa peau, et dispose de plus en plus, les semaines qu’elle est chez maman, d’un grand appartement tout équipé pendant que maman, je veux dire moi, se rend retrouver Denauzier.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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