Denauzier ne fait pas dans la dentelle et ne s’accroche pas dans les fleurs du tapis et ne passe pas de midi à quatorze heures à inspecter les pâquerettes. Nous étions au nord de St-Michel-des-Saints ce week-end, au chalet de son frère, chalet dans lequel, d’ailleurs, il n’y a pas de tapis. Le repas du samedi soir était copieux, de la raclette, préparée à partir d’une installation électrique déposée au centre de la table. Or le chalet n’est pas desservi par le réseau électrique. Alors le fil du four à raclette était directement branché à la génératrice, dehors, moyennant une ouverture de la fenêtre, ouverture grâce à laquelle il faisait moins chaud car le chauffage au bois est toujours un peu difficile à contrôler dans un petit chalet. On met la viande sur la plaque du four pour la faire griller–c’était de la viande biologique, comme l’a dit le frère de Denauzier, à savoir caribou, orignal et perdrix chassés par lui, le frère. On met des condiments recouverts de fromage dans une sorte de petite pelle sous la plaque pour les faire gratiner. C’est là que j’ai pu constater que Denauzier ne fait pas dans la dentelle et ne s’accroche pas dans les fleurs du tapis et ne passe pas de midi à quatorze heures à inspecter les pâquerettes. Ses petites pelles étaient remplies de telle manière que des lignes de fumée se sont aussitôt formées qui auraient fait sonner les détecteurs de fumée s’ils n’avaient pas été désactivés par précaution. Denauzier est ainsi fait, il remplit généreusement les petites pelles et ne se formalise pas des volutes de fumée qui montent au plafond. Une autre chose aussi, à propos de Denauzier : il ne prononce pas orignal en trois syllabes, mais orgnal, en deux.
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