Aujourd’hui j’ai posé une question à une collègue en lien avec notre base de données académique. C’était tellement compliqué mes tournures de phrases et mes accumulations de mots que je n’en suis pas revenue moi-même. Denauzier m’a posé une question dans le camion, en route vers le camp de son frère, et ma réponse était tellement alambiquée que je laissais les mots sortir de ma bouche en me demandant quand est-ce que ça allait s’arrêter, cette litanie. De tout temps dans ma famille, on a trouvé que je tartinais épais en matière de complexification.
– Autrement dit, me répond à l’occasion mon frère, tu veux dire ceci, un ceci qu’il résume en trois mots.
– En plein ça !, que je lui réponds, déstabilisée par son aisance à démystifier mes propos compliqués.
D’où il ressort que Denauzier et moi sommes passablement différents.
Installée dans un contexte où je dois miser sur l’efficacité, je me dis en préparation mentale que je vais parler le moins possible. Ce sera toujours mieux que de disserter sans fin et sans aboutir. C’est arrivé récemment avec un homme que je rencontrais pour la première fois et avec lequel je devais négocier quelque chose. Je me suis vraiment efforcée de ne pas trop parler, d’être brève et précise dans mes réponses, et de tenter le plus possible de m’en tenir à oui ou à non, lorsque c’était possible. Et bien lorsque notre transaction a été terminée, l’homme n’a pas pu s’empêcher de me demander si j’étais professeur à l’université !
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