
Hommes vêtus de noir
La première journée de notre séjour en Ontario était réservée à la visite des installations de l’usine Airbus à Fort Érié. L’événement a drainé un nombre important de gens vêtus de noir, comme en témoigne la maigre grappe sur ma photo –l’essentiel du bataillon suivant derrière. Plus exotiques, pour une néophyte comme moi en aéronautique, étaient les gens vêtus de bleu puisqu’ils maîtrisaient le cœur même de l’affaire, à savoir les machines et les moteurs.
Les gens vêtus de noir vous donnent leur carte d’affaires quand vous échangez quelques mots avec eux. C’est ce qui est arrivé quand j’ai demandé à un membre de la secte noire s’il était breton. Il ressemblait tellement à un ami, breton, qui a travaillé avec moi à l’université, que je n’ai pas pu m’empêcher de demander à cet homme s’il était, donc, lui aussi breton. Il l’était. Et, me répondant, il m’a donné sa carte d’affaires.
Les hommes vêtus de bleu sont des mécanos mais peuvent être aussi, sans vouloir généraliser car je n’y connais rien, des pilotes d’essai. En tout cas, Denauzier et moi avons rencontré un pilote d’essai qui portait la salopette bleue et avec lequel nous avons bavardé. Nous avons en outre terminé la soirée chez lui, à Niagara-on-the-Lake.
– Comment as-tu trouvé les chutes ?, m’a demandé ma sœur qui vient à l’instant de me téléphoner.
– Nous n’avons pas eu grand-temps pour les chutes, finalement. Tu me liras demain pour le savoir, lui ai-je répondu, je n’ai pas encore fini le texte d’aujourd’hui.
