Hier à la fin de ma journée de travail je voulais mourir d’avoir trop travaillé, d’en avoir tellement à faire et de ne jamais sentir la fin, et c’est Ella qui m’a ressuscitée. Ça aussi, je l’ai déjà écrit : ça ne me prend pas grand-chose pour revenir à la vie. Ça ne me prend pas grand-chose pour me sentir en vie. J’écoute Ella, je regarde une vidéo sur laquelle elle chante, les yeux fermés, mais pas tout le temps. Elle fait dos à ses musiciens, elle tient un mouchoir à la main, peut-être pour s’essuyer le visage quand il est dégoulinant car sur la vidéo que j’ai vue hier il l’était. Elle répète thank you, thank you, à tout bout de champ. Quand elle s’apprête à commencer une chanson, il lui arrive de dire all right et de claquer des doigts pour annoncer le rythme. Les musiciens suivent, ils sont tellement bons, Ella se laisse porter. Sur une vidéo que j’ai sélectionnée elle apparaît jeune, sans lunettes, en pleine forme, elle bouge beaucoup pour suivre le rythme de Mack the Knife. Sur une autre vidéo que j’ai trouvée, elle porte des lunettes, et bouge moins, et est plus âgée. Elle a souffert de diabète, je crois, et a terminé sa vie les jambes amputées. Alors elle a vraiment bien fait d’en profiter quand elle était en santé et de swinger en masse. Tout ça pour dire que, quand elle chante, quand elle dit thank you, quand elle dit all right, quand les musiciens l’accompagnent merveilleusement –travail d’équipe–, Ella me réinsuffle la vie. Merci la vie.
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