Le moment fort de mon week-end a été lorsque j’ai demandé à Bibi si elle avait du désodorisant. Nous étions toutes les deux dans la salle de bains, chez elle, car j’ai dormi chez elle vendredi soir et nous étions le samedi matin, à moins d’une demi-heure de notre départ pour Sorel où nous avions rendez-vous pour une fête familiale.
– Est-ce que tu as du désodorisant ?, ai-je demandé.
– Désir d’horizon…, a-t-elle répété lentement sur un ton dubitatif à l’extrême, s’apprêtant à chercher dans sa collection un produit de toilette qui aurait porté ce nom.
Je me suis éclaté de rire en la priant d’excuser mon articulation matinale.
À Sorel, nous avons eu tellement chaud que Bibi, toujours à parler d’ordinaire, ne parlait plus, elle avait mal au cœur. Pour ma part, ma robe ne pouvant être plus mouillée de toute façon, je faisais couler des filets d’eau à même une bouteille sur ma belle cicatrice, en alternance avec la nuque. Les pattes d’ours, quant à lui, plus résistant à la chaleur, est resté assis en plein soleil sans même porter de lunettes de soleil. Quand le sauna s’est terminé, nous avons regagné ma Sonic, que les grandes pattes conduisait pour la première fois. J’étais assise à l’arrière, pour la première fois moi aussi, avec ma belle-sœur.
– Tu peux nous amener où tu veux, ai-je dit à la blague à notre conducteur, le réservoir est plein, en autant qu’on ait de l’air.
– Les grandes pattes a pris la chose au sérieux. Il nous a fait partager le trajet de son choix : Lanoraie, Lavaltrie, St-Sulpice, Lavaltrie, Lanoraie, Lavaltrie, St-Sulpice… trois fois le même chemin le long du fleuve. Il faut croire que la chose ne m’a pas trop dérangée puisqu’au troisième tour, pas vraiment certaine qu’il puisse en être ainsi, j’ai exprimé que le décor me disait vaguement quelque chose.
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