Aujourd’hui je ne suis pas Pina. Je suis Sabina, l’amie de Tomas, le mari de Tereza, dans L’insoutenable légèreté de l’être, de Milan Kundera. Sabina est une grande artiste, elle aussi. Pour fuir l’invasion russe en Tchécoslovaquie, elle émigre aux États-Unis où on la voit, à la fin du film, vendre ses toiles à des gens de milieu aisé, elle-même vivant dans une maison qui ne se compare en rien aux lieux qu’elle habitait du temps de sa vie européenne. Donc, je travaille mes mosaïques au foulard, je travaille fort, il est déjà 19h20 et je n’ai pas quitté le bureau, et je n’ai pas vu le temps passer, imprégnée du sentiment que je ressemble à la belle Sabina, que je porte son talent, et que c’est pour faire comme elle que je vis seule, sans compagnon, car elle n’en a pas dans le film. Être de légèreté, elle fait l’amour avec Tomas qui, lui, est un mélange de légèreté et de gravité, pendant que Tereza, à l’opposée de sa rivale, si on peut dire, se vit depuis toujours dans la gravité. Je suis peut-être, pour ma part, à l’instar de Tomas, un mélange de légèreté et de gravité. Je ne le sais pas vraiment. À ce jour, j’ai présenté Androgyne, portrait constitué d’un amalgame de ma sœur par la bouche, et de tonton pour le reste. Boules de billard, ça fait plusieurs fois que je la mets en photo vedette, est la mosaïque qui honore mon papa. Code barres a été mis en ligne aussi, fabriqué sur un fond d’œil de mon cousin par alliance, à savoir le compagnon de ma cousine. Nous sommes rendus à la lettre D, et voici donc Dyslexie, rendue possible grâce à la participation d’une voisine. Le problème va se poser demain, pour la lettre E, car je n’oserai pas mettre en ligne Édenté. J’ai encore un peu de temps devant moi pour trouver la manière de contourner cette difficulté.
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