Jour 1 711

J’ai beau avoir poursuivi des études supérieures de 3e cycle universitaire, je n’ai rien d’une intellectuelle. Ma manière de parler d’Igor, c’est le nom de mon bouledogue, le titre complet de ma toile étant Igor n’est pas du genre à lésiner, c’est de déplorer qu’il ait les pattes dans du pop-corn. Aujourd’hui j’aime ma toile. Je l’ai installée dans le salon, à côté d’une œuvre dont j’ai parlé il y a longtemps. Il s’agit d’un croquis qui a été fait par François dans sa dernière semaine consciente de vie. Croquis tracé sur un bout de papier que j’ai apporté au service d’impression de l’université pour le faire agrandir et reproduire sur une toile d’assez grand format. J’ai peint le fond de la toile de la même couleur que celle du mur, en vert, utilisant d’ailleurs sur la toile, à même le gallon, la peinture qui a servi à couvrir le mur. J’ai aussi reproduit les rideaux beiges avec cercles un peu plus foncés. Et je n’ai pas encore, trois ans plus tard, entrepris de créer un bleu qui serait celui du canapé, mais je suis peut-être à la veille d’essayer. Il y a deux raisons à ma procrastination ayant trait à l’application du bleu. Primo, j’ai peur de ne pas arriver à créer un bleu qui s’apparenterait à celui du canapé. Secundo, je ne sais pas exactement où appliquer le bleu parce que sur le croquis, le canapé n’a pas les accoudoirs à la bonne place. Dois-je tracer des accoudoirs à la bonne place, dénaturant ainsi le croquis, ou couvrir de bleu un canapé qui n’a pas les accoudoirs à la bonne place ? Plusieurs personnes ont vu la toile, en outre, et suggéré de ne pas ajouter de bleu. Je vais donc continuer d’y penser.
J’ai acheté une toile, 100 $, à une collègue qui part à la retraite. C’est une nature morte. Dans un vase bleu (qui pourrait être le bleu du canapé, d’une pierre deux coups), sont déposés des oranges, des raisins, des cerises, des plumes grises traversées d’un beau mouvement, et une feuille de gui. J’adore cette toile car elle respire la personnalité de ma collègue, les fruits sont tracés avec soin, avec amour, presque avec dévotion. En manière de diptyque, je voudrais créer ma version de cette nature morte en essayant de m’en éloigner le moins possible, sans interpréter. S’il devait se produire la même chose qu’avec Igor, qui s’est mis à ressembler à un humain plutôt qu’à un chien, j’ai hâte de voir à quoi vont ressembler toutes ces formes rondes d’oranges, de raisins et de cerises.
Je n’ai plus aucune toile en réserve. Je vais devoir en acheter. Je pense que je vais acheter, du même coup, 26 toiles du plus petit format, à peu près un pied carré, pour y tracer mes 26 lettres en manière de lettrine pour chacun de mes titres.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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