Jour 1 713

Sans titre pour l'instant

Sans titre pour l’instant
Acrylique sur toile
18 X 45 po

Je travaille depuis hier sur un chien de type Boxer ou Boston Bull. Je ne savais pas que j’allais m’attaquer à un chien. Ce sont, comme d’habitude, les motifs et les lignes de mon fond, barbouillé à la spatule avec des restants de peinture, comme pour mon coq, qui ont donné naissance à deux yeux et à deux oreilles qui ne pouvaient être que ceux d’un chien à la tête carrée. On voit sa gueule de face et de très près, mais son corps est tronqué à la moitié sur la gauche. Autrement dit, on ne voit de son corps que le poitrail avant, costaud mais pas trop, et les deux pattes, courtes et solides mais pas courtaudes. Pour voir les deux pattes arrière, il aurait fallu que la toile soit deux fois plus large. C’est un format de toile rectangulaire, je dirais trois fois plus haut que large, que je trouve difficile à exploiter.
J’ai montré l’esquisse de l’animal à Emma, hier dimanche, en déposant la toile sur le comptoir de la cuisine, appuyée aux portes d’armoires. Elle a levé la tête de son ordi, a regardé l’esquisse assez longuement, m’a regardée et a fini par dire :
– C’est un chien ?
– Ça ne se voit pas plus que ça ?, ai-je demandé, passablement déçue.
– La sorte de chien de tonton et tantine ?
– En plein ça !
– Il faudrait que tu traces des joues pendouillantes et des plis entre les yeux.
J’ai repris ma toile, docile, je me suis rendue dans la pièce avant où se trouve mon ordi, et j’ai fait défiler plusieurs photos de chiens Boxer, de face, de profil, de trois-quarts, assis sur les pattes arrière, couchés, ou se tenant sur les quatre pattes. J’ai agrandi une photo pour démystifier la partie noirâtre des plis de peau qui descendent de part et d’autre du museau. J’ai essayé de reproduire de mon mieux, agrandi une dizaine de fois, le museau qui m’a servi de modèle. Je n’ai pas l’habitude de m’inspirer d’un modèle en tentant de faire ressemblant, mais justement je suis à la recherche de nouveaux défis. Je me suis appliquée. J’ai tracé l’esquisse sur la toile avec un crayon blanc de Conté parce que les couleurs de la toile, et donc du chien, sont pas mal foncées. J’effaçais les traits de crayon avec un linge humide, je recommençais, j’étais excessivement sur le frein. Mais je suis arrivée à quelque chose que j’ai montré à Emma et elle m’a dit que c’était nettement mieux. Au même moment, Clovis est arrivé. J’ai rangé ma toile et mes pinceaux et je l’ai laissée sécher, appuyée au mur près de la litière de chatonne.
Avec tout ça, pas un mot sur la toile présentée en ce jour 1 713. Elle a le même format que celle sur laquelle j’ai peint hier le chien, mais le chien est peint dans le sens portrait. À la campagne, où réside cette toile tapisserie dans les tons de rouge et de vert, la toile est aussi accrochée au mur à la verticale. Je l’ai peinte en 2010, à la suite des chapelles, alors que François passait le plus clair de son temps à essayer de se gaver. Le printemps voire l’été était arrivé, alors que j’ai peint les chapelles en hiver. Se protégeant avec son chapeau de style Stetson fabriqué au Mexique, François se gavait dehors sur la terrasse. Je peignais à ses côtés, installée à une petite table, pour profiter de la pleine lumière. François, encore une fois, trouvait ma toile tranquille. Clovis lui trouve quelque chose de joyeux. Alors il se pourrait, pour me débarrasser du Q, que le titre soit Quelque chose de joyeux, où joyeux sera remplacé par un participe passé quand je l’aurai trouvé, qui se termine en é.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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