Hum… le choix de lettres se rétrécit. Ayant attribué 14 lettres de l’alphabet à 14 toiles, il ne reste que 12 lettres, parmi lesquelles les K, Q, U, W, X, Y, Z, qui ne sont pas faciles à utiliser. Je pourrais y aller pour Quand une église n’attend pas l’autre, ça me débarrasse du Q, mais ça ne finit pas en é. La première idée qui m’est venue est Funiculaire avorté, parce que la partie brune qui traverse l’œuvre se veut une esquisse de funiculaire, mais je n’ai pas eu le cœur de brunir la belle surface blanc cassé de l’église la plus surélevée, alors le funiculaire parcourt la toile sans se rendre jusqu’en haut, il se termine sous une toiture, ce n’est pas idéal. Chapelles sur flanc escarpé, voilà, j’ai trouvé. D’ailleurs, ce sont effectivement des chapelles, directement inspirées de celle qu’il y a à côté de chez moi à la campagne, qui a pour nom Notre-Dame-de-Fatima, à St-Alphonse-Rodriguez. Et la lettre C était libre.
Moi qui apprécie plus volontiers me moquer de mes œuvres que les encenser, j’affirme ceci : tout le monde aime cette toile. Alors, à force de me faire dire qu’elle est belle, je l’ai installée sur le mur qui fait face à l’escalier, chez moi à Montréal. Quand les gens arrivent dans l’appartement, ils l’ont en plein dans leur champ de vision. Mon oncle m’a demandé pourquoi j’avais fait des montagnes inspirées des Alpes plutôt que d’exploiter les belles formes arrondies de notre forêt laurentienne. Heureusement qu’il n’a pas attendu après ma réponse parce que je n’en avais pas.
La toile a été roulée et déroulée des dizaines de fois au fil de mes déplacements. Mais peut-être aussi que sans m’en rendre compte elle a été pliée, à un moment donné. Parce que, bien que maintenant tendue et agrafée à une planche de bois, elle est traversée d’un pli au premier tiers de sa hauteur. Mon ami Yvon s’en est rendu compte et m’a suggéré de la faire monter sur cadre professionnellement. C’est une excellente idée, mais l’idée pourrait me coûter quelque 300 $ que je n’ai pas pour le moment. Que je n’ai pas depuis que l’œuvre existe, en fait, soit fin 2009. J’ai travaillé sur cette toile à la table de la salle à manger, à la campagne, pendant que François, dans sa dernière année de vie, se faisait gaver à l’Ensure dans le salon. Ayant écrit cette dernière ligne, je me dis qu’il n’est peut-être pas surprenant que le funiculaire se soit avéré un projet avorté. À bien y penser.
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C’est très beau. Je verrais bien ça comme carte de Noël ou du temps des Fêtes!
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