Jour 1 719

Il s’est produit quelque chose avec ma carte OPUS ce matin qui n’a rien à voir avec les 18 ordonnances qui étaient dans la pochette de mon sac, ni avec mon carnet de Coumadin, comme c’est arrivé cette semaine. Les 18 ordonnances et le carnet, je les ai sortis de la pochette, de toute façon, pour obtenir un maximum d’efficacité quand je tente de mettre la main sur ma carte de transport. J’arrive donc au métro Snowdon, la Presse dans une main, la boîte à lunch dans l’autre, et mon sac rouge en bandoulière sur mon beau manteau vert. Je me libère les mains en déposant mes biens sur un banc, et je me mets à chercher ma carte OPUS, dans la pochette où elle devrait se trouver, sans succès. Je me rappelle alors que la veille, j’ai réglé mes comptes et vidé pour cela mon porte-monnaie de ses factures. Et le porte-monnaie, dans lequel se trouvait exceptionnellement ma carte, est resté sur mon bureau de travail, à la maison. J’ai donc marché jusqu’à mon pavillon, ce qui fait que lorsque ma collègue m’a demandé si je voulais aller marcher, ce midi, j’ai décliné sa proposition. Le long de mon parcours, j’ai eu le temps en masse de penser à ma nouvelle œuvre, mi-coq mi-poule. Le contraste est trop fort entre le fond et le sujet. Quand je parle du fond, j’entends l’espace autour du coq-poule. La toile se lit en format portrait, la crête se rend presque jusqu’au bord de la toile vers le haut, et les deux pattes sont bien campées au bas. Donc l’animal occupe beaucoup d’espace verticalement, mais il en reste à combler, que j’ai comblé en vert foncé, comme si la campagne où se trouve le volatile bénéficiait d’un climat riche en pluies qui nourrit les verdures à satiété. À travers tout ce vert, j’ai néanmoins prévu une masse ronde qui représente le soleil, à côté de la crête. La crête est dans les teintes de rose. Les fleurs qui me font penser au papier peint de ma tante Alice, il y a quarante ans, sont des marguerites blanches et des espèces de violettes de couleur rose également. C’est sûr que je n’avais pas besoin de marcher une heure comme je l’ai fait pour avoir le temps de réaliser qu’il y a quelque chose qui cloche dans mes agencements de coloris. C’est sûr aussi que je vais tenter, peut-être ce soir en arrivant, car je suis encore au bureau, de peindre un ciel bleu, par-dessus le vert, et de refaire un soleil jaune sur ce nouveau fond bleu.
En passant, Ludwika m’a prêté l’argent nécessaire pour que je ne sois pas obligée de marcher ce soir.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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