Voici la guerrière joliment casquée. Elle choisit ses batailles. Plutôt que de ramper dans le maquis, carabine à l’épaule, elle marche en toute tranquillité vers cette bataille qu’elle a choisie et que je ne connais pas. C’est une bataille pour laquelle il convient de porter des couleurs vives. Elle marche lentement parce qu’il fait très chaud, comme en témoignent les gouttes de sueur qui lui coulent sur le visage.
Sans vouloir manquer de respect pour ma guerrière, j’aimerais souligner que je viens de terminer un coq, ou une poule à crête, c’est difficile à dire. Comme l’animal fait partie de la famille des volatiles, il pourra s’intituler Volatilisé. L’ajout de cette dernière toile à ma collection me rapproche du chiffre 26. Je pense en être à 24 toiles. Je vais donc tenter de donner des titres en participes passés qui commencent par chacune des lettres de l’alphabet.
Nous voici donc à la lettre C, et aucun titre à ce jour ne commence par C. Il y a cependant une congestion à la lettre E avec Éparpillée (toile abstraite), Écervelé (personnage qui fait pitié), Ensoleillée (première oeuvre présentée), Empattée (la grosse chenille), sans compter que je pensais présenter une vache sous le vocable Ensorcelée car on dirait qu’un serpent danse devant elle au son de la flûte d’un fakir qu’on ne voit pas, c’est une toile de petit format dont la surface est entièrement occupée par la vache.
Avec Casquée, j’ai tracé le contour d’un gros casque sans m’en rendre compte. La toile était orientée dans le sens paysage, sur la table, quand je traçais les formes colorées. Je pensais être en train de créer un vase que j’allais remplir de fleurs. Je me félicitais d’ailleurs d’être en présence d’un vase opaque, autrement dit, je n’aurais pas à affronter la difficulté de reproduire les tiges dans l’eau. Quand j’ai tourné la toile dans le sens portrait, j’ai eu la surprise de découvrir que ma toile était pratiquement finie, il ne manquait au casque que les lignes du profil et le portion du haut du tronc.
Avec le coq ou la poule, cela s’est passé un peu de la même manière. J’ai tracé de larges traits à la spatule, vite fait, que j’ai laissé sécher. Le lendemain matin, au premier coup d’œil sur la toile, j’ai discerné un volatile auquel il ne manquait que la tête et la crête. L’animal occupe presque toute la toile, de format pas mal plus grand que celui de la vache. J’ai peint des fleurs à la hauteur de ses pattes, au bas de la toile. Ce n’était peut-être pas une bonne idée. Les fleurs me font penser au papier peint qu’il y avait, il y a quarante ans, dans l’appartement de ma tante Alice.
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