Partout où je pose les yeux à la maison de campagne je vois Clovis :
- les couleurs des murs au rez-de-chaussée qui ont beaucoup fait jaser ma famille
- la disposition des meubles dans le salon, incluant un espace Salon de coiffure Ludwig, une fantaisie dont seul Clovis a le secret
- la disposition des meubles dans notre chambre à coucher que j’aime au point d’avoir tenté, le week-end dernier, de replacer au cm près le lit et le fauteuil qui avaient été déplacés lorsque les 13 scouts ont dormi par terre dans la chambre (la chambre est grande et couverte de moquette)
- l’élagage et le rangement qu’il a faits dans les placards et qui ont fait en sorte qu’un matin à mon réveil il y avait sur le sol dans la cuisine plein de choses pour lesquelles je devais décider, bien qu’ensommeillée, si on gardait ou si on donnait
- son livre Israël/Palestine sur le dessus de la commode à côté du dictionnaire
- la soucoupe qui permet de tourner d’un léger coup de doigt la grosse plante dans la salle à manger pour mieux l’arroser
- l’installation des outils suspendus sur des clous aux poutres du sous-sol
- le terrain râtelé, le tronc de merisier sommairement scié le temps de le scier au complet
- les aiguilles de pin amassées en un énorme tas devant l’emplacement où nous faisons du feu
- la bière La Messagère dans le frigo
- les stores de rotin suspendus au balcon avant pour nous ménager un peu d’intimité –Clovis appelle ça par erreur des stores vénitiens
- les épingles à linge que nous avions perdues et que j’ai finalement retrouvées ont été achetées une fois que nous étions ensemble
- la corde à linge devant la maison est aussi une de ses inventions.
Il n’y a que du Clovis à la campagne, cet être de feu, farouche et rebelle.
J’ai déjà écrit il y a peut-être deux ans que tout me rappelait François. Ce n’est pas que je passe d’un homme à un autre sans plus de conséquence et que me voilà changeant tout bonnement le prénom de François pour celui de Clovis. Au contraire, il y a énormément de conséquence à vivre une relation avec Clovis, je ne sais pas s’il se rend compte à quel point.