Jour 1 772

Puisque c’était treize hier, je suis aujourd’hui à douze textes de la clôture de la deuxième année décadienne. Demain vendredi, onze. Or, la semaine prochaine, à cause de la coronarographie, je vais passer trois jours sans travailler. Le premier des trois jours est celui de l’opération en tant que telle, prévue à six heures le matin. Avec Clovis, nous allons devoir nous lever tôt en titi. Il s’agit de pas grand-chose pour un hémodynamicien, un petit quinze minutes de travail dans mes artères, pendant lequel, n’empêche, j’espère être bien droguée. J’ai écrit hier que j’avais hâte de me faire opérer, mais je ressens aujourd’hui le retour de la crainte. La vie n’est qu’un éternel mouvement de balancier, de toute façon, tout le monde le sait. Les deux jours suivants sont consacrés au repos sans bouger le poignet droit, si l’intervention se fait par le poignet. Sans bouger le corps, si l’intervention se fait par l’aine, toujours côté droit. Le chirurgien rencontré cette semaine semblait dire, après m’avoir fait contracter la main à quelques reprises, qu’il pourrait procéder par le poignet.
– J’ai déjà passé cet examen, nous a dit dans un franglais approximatif une Italienne avec laquelle nous avons parlé, Clovis et moi, et tout de suite après je suis allée travailler !
Ouille. Comme je suis douillette en matière de veines, d’artères et d’aortes, il faudrait me payer un million pour que j’accepte de taper du clavier avec l’artère non cicatrisée.
– Il est bel homme, ai-je dit plus tard à Clovis en parlant du chirurgien qui m’a pris la main.
– Ce ne sera pas forcément lui qui va t’opérer, mon chou, m’a rappelé Clovis.
L’infirmière rencontrée en matinée nous a en effet expliqué que les traitements de coronarographie se font simultanément dans trois salles différentes.
– À moins qu’il ait le don de l’ubiquité, ai-je suggéré pour embêter Clovis avec un mot compliqué.
– S’il l’avait, tout le monde le saurait, a répliqué Clovis avec assurance.
Donc, pour en revenir au décompte, demain vendredi onze, lundi prochain dix et mardi neuf. Puis, interruption jusqu’au lundi 13 mai pour descendre à huit. Je vais pouvoir clore la deuxième année d’écriture avant la valve métallique, je pense. Je suis moins pressée aujourd’hui qu’hier quand, pendant le concert à FACE, mon cœur battait tellement fort, assise au repos, que j’espérais me faire opérer au plus vite !
Je n’aurais jamais imaginé ça, recevoir une chirurgie cardiaque, au moment où j’ai commencé mon projet sur Facebook en mai 2011 et que je m’extasiais quant à la qualité de l’amour qui unissait Anne, dans mon univers mental fort éloigné du réel, à notre ami DSK.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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