Jour 1 837

On va penser que c’est parce que je suis jalouse de sa notoriété que je reçois avec scepticisme la citation d’Éric-Emmanuel Schmitt, pour ceux qui se rappellent que je l’ai déjà cité, jour 1 875. La citation est la suivante : «Un homme est fait de choix et de circonstances. Personne n’a de pouvoir sur les circonstances, mais chacun en a sur ses choix.» C’est assez péremptoire. Je nuancerais ainsi : une personne –moi la première– va faire ses choix en fonction de son expérience de vie, de son parcours intérieur, du tracé de la voie qui s’est imprimé dans son être.
Si le tracé a rencontré beaucoup d’embûches quand il se dessinait disons vers l’est, l’individu qui porte ce tracé va s’en rappeler, parce que les embûches l’auront fait chier. Avec le temps, il va avoir tendance à éviter l’Orient de nos amis chinois et japonais jusqu’à choisir d’affirmer, quand des aventures lui seront proposées qui le sortiraient un peu trop de son confort occidental : je suis un homme de l’ouest. Et ça s’arrêtera là.
C’est ce qui explique, la quantité d’embûches et les emplacements où elles ont eu lieu, qu’un individu peut finir par devenir pas mal immobile.
Je sais très bien, cela étant, que ma propre théorie péremptoire exprimée à l’instant s’inspire de mon expérience personnelle : je suis chez mon médecin, celle qui a pris sa retraite, je lui exprime que la seule voie qui se trace pour ma petite personne sur terre semble être celle du suicide. Elle me dit, en posant son crayon et en arrêtant de noter mes symptômes dans son dossier :
– Avant de vous suicider, essayez quand même une analyse, ça se pourrait que ça vous permette de ne pas rétrécir votre vie.
En somme, c’est sur la base de ces cinq mots, ne pas rétrécir votre vie, que s’est dès lors basée mon attitude quant aux choix que j’ai effectués dans ma vie : j’ai tenté d’aller vers l’élargissement.
Avoir été, au moment où j’abordais mon projet de suicide, devant un médecin qui m’aurait traitée de petite nature, je me serais peut-être suicidée, ou alors je ne serais plus jamais allée voir un médecin, comment savoir.
Je n’écris pas ça pour inciter les lecteurs à entamer une analyse. De toute façon, les bienfaits qu’apportent une analyse à une Xena (X) peuvent être obtenus à moindres frais par la pratique de la broderie pour une Yasmine (Y).
J’écris ça dans le constat toujours présent à mon esprit que nous faisons partie d’une grande famille solidaire et planétaire. Il est possible qu’un jour, voyant que son tracé le mène encore vers l’orient, l’individu pro-occidental se fasse prendre la main par un  membre adjuvant de la famille planétaire qui lui dira :
– À l’Est, on mange le riz de la plus belle qualité et le tofu nappo est une expérience gustative qu’il faut connaître au moins une fois dans sa vie.
C’est au seul pro-occidental que reviendra la décision d’aller ou non vers l’est, en fonction de sa capacité à moduler ses choix.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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