Jour 1 853

Je n’en reviens pas à quel point je suis cocotte. Je suis le chat qui se court après la queue depuis la nuit des temps en se demandant niaiseusement : Comment ça se fait que je cours tant après ma queue ?
C’est ce matin, en lavant la vaisselle accumulée des derniers jours, pendant qu’Emma essayait d’émerger du sommeil, assise à la table devant sa tasse de thé, que j’ai pris conscience de la vacuité de tous mes questionnements en ce qui a trait à mon parcours. Maudit bâtard, c’est bien évident, ai-je enfin compris, que je reviens tout simplement à mon point de départ ! Où va ma voie ? Où m’amène ce parcours que je trace de mes pas au fur et à mesure des jours ? Pas besoin d’être une lumière pour trouver la réponse : il y a la naissance, il y a la mort. Entre les deux, on parcourt le chemin qu’on peut, selon lequel le point de la mort revient à celui, initial et incontournable, de la naissance. Je n’en reviens pas à quel point c’est simple.
Que fait une personne qui se perd en forêt ? Elle trace des cercles. Elle essaie toutes sortes de parcours qui la ramènent immanquablement à son point de départ.
Qu’ai-je fait à Paris en 2007 quand je m’y promenais seule ? J’essayais toutes sortes de parcours, je me forçais pour tourner à l’encontre de mes instincts aux nombreux carrefours, mais j’aboutissais néanmoins, tout le temps, tous les jours, au boulevard St-Honoré, à un ou deux pâtés de maisons près.
Ma mère, aujourd’hui si gentille et tendre, c’est moi quand j’étais naissante. Et moi, aujourd’hui que je suis vieille, je suis la maman de cette personne gentille et tendre. Ma mère, quand j’avais l’âge d’avoir une mère, était une femme étrangère à elle-même. Et ma mère de maintenant qui est mon enfant dont je suis la mère, c’est la personne véritable que j’aurais aimé connaître quand j’étais enfant.
Pas besoin d’être une lumière, je me répète, mais de toute façon je sais que je n’en suis pas une. Et de toute façon, je me répète encore, mieux vaut tard que jamais.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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