Je n’en reviens pas à quel point je peux être extraterrestre par moments. Je marche sur le trottoir, il fait noir, hier soir. Je m’arrête devant une voiture qui m’intrigue. Je n’arrive pas à savoir si la peinture de la carrosserie est métallisée et transmet de ce fait comme des scintillements, des effets pixelisés sous le lampadaire, ou alors si c’est une couche de poussière collée sur la peinture qui produit cette texture. En pleine réflexion, je regarde la voiture, je m’approche, je commence à me pencher pour être encore plus près du capot quand le propriétaire arrive. À son air, je comprends qu’il se demande ce que je fais là. Je le regarde et, encore une fois, les mots sortent tout seuls de ma bouche :
– Monsieur, bonsoir. Pardonnez-moi mais votre voiture est terriblement sale.
Il se met à rire en ouvrant la portière.
– J’étais en campagne ces derniers jours pour la gestion d’un projet. Elle est pas mal sale, en effet !
Je n’en reviens pas à quel point les gens sont patients et compréhensifs avec les extraterrestres, ils prennent même la peine de répondre, voire de se justifier.
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Badouziennes
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Une autrice illustrement inconnue !
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