Cliquer sur Yuri Yourmanov au carrefour
Miraculeusement, je reçois un courriel dans lequel une citation d’Éric-Emmanuel Schmitt (EES) –auteur connu et à succès– accompagne la photo d’un homme situé au plein milieu d’un carrefour –thème fétiche d’une auteure inconnue et sans succès. La citation d’EES est la suivante : «Un homme est fait de choix et de circonstances. Personne n’a de pouvoir sur les circonstances, mais chacun en a sur ses choix.» Bof. Probablement parce que je suis jalouse d’EES, bien que je ne m’en rende pas compte pour une miette, j’ai tendance à penser que la deuxième partie de la deuxième phrase de la citation est, le temps passant et mon âge avançant, de moins en moins définitive, ou de plus en plus relative.
J’ai certes du pouvoir sur mes choix, mais je trouve aussi que, choisissant une chose (A), ou une autre (B), il est possible que le résultat en bout de ligne soit le même. Au moment cependant où je fais le choix (A), je peux penser mordicus qu’il est très important que le choix (B) ne se concrétise pas, auquel cas les conséquences seraient néfastes. Au moment où François a fait le choix d’entamer le traitement de radiothérapie (A), il éliminait la possibilité de ne pas recevoir de traitement (B), craignant en mourir. Le temps passant, je peux dire aujourd’hui qu’avoir suivi une cure de thé vert (B) aurait donné le même résultat, à savoir la mort, que la radiothérapie (A). Un autre exemple avec ma mère. J’ai écrit dans le tome 1 de ma décade que j’avais fait le choix très tôt dans ma vie de n’avoir aucune relation avec elle (A). Ce choix a tenu la route un bon bout de temps, quelque quarante ans. Or, l’été dernier, l’envie me prend, tout aussi miraculeusement que m’a été envoyée la citation d’EES et la photo de l’homme au carrefour, d’aller la voir à l’hôpital (B). Que je ne l’aie pas vue pendant longtemps, résultat du choix (A), ou avoir passé ma vie à la voir comme on voit normalement sa mère au cours d’une vie d’adulte (B), m’amènent exactement à la même place : je vais la visiter le week-end à sa résidence de personnes âgées et nous parcourons ensemble les rangs de la belle campagne lanaudoise.
Encore un miracle pendant que nous parcourons la campagne par ce temps superbe : de la bouche de Clovis, assis sur la banquette arrière de ma belle Sonique que je viens de laver, j’en ai encore les mains glacées, il ne sort aucun son.
-
Badouziennes
Textes antérieurs
Qui est Badouz ?
Une autrice illustrement inconnue !
Catégories
Ping : Jour 1 860 | Les productions Badouz
Ping : Jour 1 837 | Les productions Badouz