Hier j’ai mis en ligne le premier texte de la série Les femmes de l’alphabet. Je suis à la recherche de stimulations ces derniers temps, de changements, d’innovations. Je me dis que je pourrais faire détruire le mur avant dans l’appartement à Montréal, que je pourrais adjoindre une véranda à la maison de campagne, faire rénover l’escalier intérieur toujours à Montréal, autant de choses que je ne ferais pas moi-même mais dont je bénéficierais, et qui coûtent quand même pas mal de sous. Alors, prudente et sage, du moins pour l’instant, j’y suis allée pour une mise en ligne de Zoé.
Il y aura vingt-six textes pour vingt-six personnages féminins dont le prénom commence par une lettre différente en parcourant l’alphabet à partir de la fin. Je suis pas mal certaine d’avoir fait référence à ce projet dans un texte précédent de la décade. Le prochain texte, autrement dit, c’est toujours plus facile à comprendre avec un exemple, si l’exemple est bon, mettra en vedette une Yasmine, ou une Yvette. Puis on pourrait être en présence d’une Xavière dans le troisième texte, etc.
Zoé a été écrit il y a longtemps, dans les années quatre-vingt-dix. J’habitais effectivement rue Garnier à l’époque, or depuis j’ai déménagé cinq fois.
J’ai trop de projets et c’est difficile de me discipliner. J’ai déjà parlé du projet d’un texte de cent pages sans apitoiement qui se baserait sur les tenues vestimentaires. Chaque épisode relaté de ma vie, car ce serait un texte autobiographique, s’appuierait sur mon habillement au moment où j’ai vécu l’événement. D’ailleurs, j’ai déjà donné un avant-goût de ce projet en décrivant ma jupe floc floc du temps que je travaillais au restaurant Bernier, rue St-Jean, à Québec. Jusqu’à maintenant, je n’ai fait que décrire ma tenue de waitress. Dans le texte de cent pages, on verrait la waitress en action dans le restaurant, ou alors on découvrirait ce qui se passe dans sa tête pendant qu’elle sert untel ou untel. Je n’utilise que le masculin car ce restaurant attirait surtout les vieux monsieurs célibataires ou veufs à l’heure du souper, car j’avais le chiffre du soir. Ils étaient tous gentils. Ils arrivaient dans le restaurant en marchant lentement, certains aidés d’une canne, et prenaient aussi pas mal de temps pour s’asseoir sur la banquette dont la cuirette, à plusieurs endroits, était fendue car trop usée. Les banquettes étaient aussi usées que le propriétaire grec, mais je ne vais pas me lancer dans un autre récit grec. Sachons seulement que j’ai fréquenté deux restaurants grecs, un à Québec qui n’existe plus et l’autre à Montréal qui existe encore. Les amis qui venaient me voir travailler me demandaient ce que je faisais dans un restaurant pareil, démodé, pas du tout branché, et m’encourageaient à trouver un emploi ailleurs, ne serait-ce que pour être mieux payée. L’idée ne m’a jamais traversé l’esprit, j’aimais mes vieux clients.
Le projet des foulards rouges est lui aussi en attente. Mes quelque soixante photos accumulées sont bien classées dans un répertoire que je n’ai pas ouvert depuis un bon moment.
Le projet de l’habitat dont je n’ai pas encore traité les quelque 800 réponses obtenues constitue quant à lui un véritable poids. Je sais que c’est dangereux. Si le poids devient trop lourd, je vais être tentée de produire n’importe quels résultats juste pour dire que j’ai procédé et me sentir délestée. Mais un autre poids va alors s’installer et remplacer le premier, celui d’avoir écrit des niaiseries.
Le quadriptyque à la campagne, les carrés de tricot et le grand format à l’acrylique dont je n’ai jamais parlé sont eux aussi des projets en cours non aboutis.
En tout cas. Zoé est publiée, c’est déjà ça. Je sais ce que je veux faire des vingt-cinq textes à venir qui, eux, ne sont pas écrits, ne serait-ce que dans les grandes lignes : des nouvelles à saveur érotique. Ce n’est pas pour rien qu’il est dit de Zoé qu’elle s’écarte quand elle joue du violoncelle, ou de Gina idem quand elle se fait pénétrer. C’est pour donner un avant-goût de la suite. Mais à quand la suite, ça, c’est une autre paire de manches.
