Jour 1 924

Je préfère les grosses montagnes escarpées aux collines douces et aux vallons duveteux. Quand je porte le poids de onze documents à produire en peu de temps, chacun nécessitant un gros tas de vérifications, je suis stimulée par la nécessité de me délester. Quand je n’ai que de belles prairies fleuries à parcourir en flairant la douceur du temps, et en me concoctant un joli bouquet, je n’ai aucune stimulation, j’attends les développements qui vont entraîner de nouvelles accumulations. Quand les accumulations sont bien réelles et que les gens de la communauté universitaire me téléphonent pour savoir quand est-ce que les onze documents manquants seront en ligne, ce qu’ils ont commencé à faire, même si j’ai écrit hier que mes publications ne sont jamais consultées, je me mets à clencher. Autrement dit, je clenche en ce moment. C’est toujours comme ça au mois d’août.
Idem quand je sens que je m’approche du but en matière d’édition. Quand l’éditeur me dit qu’il ne demande pas mieux que de me publier, quand je comprends que l’enjeu tourne autour d’un élément aussi peu capital que Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas, quand je comprends, en somme, que je n’ai pas besoin de me flageller pour être reconnue, que je ne suis pas confrontée à une question de vie ou de mort, mon intérêt s’effrite. Je me laisse porter. Je louvoie. Je suis en transition.
Quand j’arrive à un carrefour et que je sens qu’il s’y passe quelque chose d’important que je ne peux pas forcément saisir ou nommer, cela devient intéressant. Voire passionnant. S’entame alors le processus fondamental de la quête : dois-je tourner à droite, à gauche, et que vais-je trouver en fonction du côté que j’aurai emprunté.
Cela étant, aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi, j’affirme ceci : papa a raison quand il me dit que c’est plus intéressant de toujours chercher que de trouver. Par cette seule phrase, je viens d’annuler la tension de plusieurs textes antérieurs portant sur ma voie : où est-elle, comment ça se fait que je ne la trouve pas.
Bizarre. Suis-je en train de découvrir les prémices d’une nouvelle ère ?
Je suis encline à le penser, si je me réfère au biscuit chinois de ma plus récente visite au Jardin de Pékin, dans lequel il était écrit ceci : There is a door just around the corner, waiting for you to discover and open.

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About Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou, un surnom que m'a donné un être cher, quand je vivais en France.
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