Jour 1 275

Hier, donc, nous assistions à des funérailles Denauzier et moi, à l’église St-Joseph dans Ville de Mont-Royal. Devant nous il y avait une femme aux longs cheveux blonds, teints, car à notre âge –la dame ayant mon âge sinon plus–, les cheveux sont gris. Elle avait un style qui me disait quelque chose, elle avait le style des conseillères en ressources humaines qui travaillent à l’université. Alors j’ai épluché en souvenir toutes les conseillères auxquelles j’ai eu affaire et je n’ai pas trouvé de quelle conseillère il pouvait bien s’agir. Je la voyais de profil seulement, mais après que nous ayons eu récité le Notre Père, le célébrant nous a suggéré de nous donner la main pour exprimer que nous sommes tous frères unis dans l’amour de Dieu. À ce moment-là, j’ai eu l’occasion de la voir de face. J’ai eu encore plus l’impression de la connaître, sans toutefois pouvoir dire dans quelles circonstances nous nous sommes rencontrées. Le style de conseillère en ressources humaines me fait un peu peur, c’est un style qui me met sur les freins. Je n’ai pas eu envie de lui demander, à la sortie de la messe, si elle me connaissait, des fois que nous aurions été en contact dans un contexte difficile. Il m’est arrivé à quelques reprises de vivre des contextes difficiles auprès des conseillères en ressources humaines. Nous étions invités après la cérémonie religieuse à un goûter dans une des salles du complexe Urgel Bourgie de Ville St-Laurent. Nous avons parlé avec les membres de la famille, que nous ne connaissions pas, et mangé des salades et des sandwiches à la même table que nos amis. D’où j’étais assise, je pouvais voir la dame, assise à une table du fond. J’ai alors pensé qu’elle était peut-être une psychologue. J’ai égrené en souvenir les psychologues que j’ai côtoyées mais ce fut peine perdue. Avant que les gens ne commencent à quitter les lieux, plusieurs habitant aussi loin qu’à Toronto, des séances de photos se sont organisées. Denauzier a même offert ses services de manière à ce que l’homme qui s’apprêtait à jouer le rôle de photographe puisse se joindre au groupe. Les gens riaient et les enfants faisaient toutes sortes de mimiques. Je me suis rappelé le film d’Ettora Scola, Les nouveaux monstres, si je me rappelle bien. Dans un cimetière, des gens se réunissent autour de la fosse dans laquelle a été déposé le cercueil d’un ami. Au début ils pleurent le mort, mais après ils se mettent à rire et peut-être même à danser. Je ne critique pas la prise de photos ni rien, je veux juste mentionner que j’ai pensé au film. À la fin du goûter, la dame s’est trouvée à côté de moi. Je lui ai dit que je pensais la connaître, que j’étais responsable des publications à l’université, maintenant retraitée, et avait-elle travaillé aussi à l’université… Nous n’avons pas réussi à nous trouver de point commun. Comme elle m’a donné son nom, je suis allée fouiner sur Facebook, je l’ai vue à nouveau en photo. Il y a quelque chose dans le bas de son visage qui me dit définitivement quelque chose. Une manière de sourire triste, ou encore une sorte d’intransigeance dans le sourire, qui me fait peur… Comment ça se fait que je n’arrive pas à trouver de qui il s’agit ?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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