Jour 1 614

Papa ne m'en voudra pas

Papa ne m’en voudra pas

J’ai annoncé hier que je relirais aujourd’hui le jour bicéphale 1 919. Je suis donc allée le lire. Il y est écrit ceci, dès les premières lignes : Quand même, j’ai fait du chemin. Je suis moins figée. Je me tiens moins raide comme un piquet. Encore là, les nouvelles étaient bonnes –mais le texte moyennement intéressant.
Dans la veine de Quand même, j’ai fait du chemin, et 305 textes plus tard, je peux ajouter ce qui suit.
Ces dernières semaines ont été difficiles pour moi, mais les coups durs assenés maintenant que j’ai 55 ans me détruisent moins que lorsque j’en avais 35. Avoir reçu à 35 ans le coup dur que j’ai reçu il y a deux semaines, la tragédienne en moi aurait pensé au suicide comme seule possibilité d’apaisement. D’ailleurs, à 35 ans, j’ai reçu un coup dur du même type que celui que j’ai reçu il y a deux semaines, dans le même environnement et en gros les mêmes circonstances. J’en avais eu mal au ventre pendant plusieurs jours. Je me rappelle très bien avoir marché à Outremont à cette époque, en m’imaginant me jeter en bas d’un édifice très haut pour en finir. Pour en finir de tout. Je me demandais, plus précisément, quel édifice du centre-ville était assez haut et si la surveillance s’avérerait facile à contourner. Je voulais en finir du poids des Rocheuses que je n’étais plus capable de porter, seule, sur mes épaules. Et en finir aussi du découragement d’être si faible et si incapable de porter les Rocheuses sur mes seules épaules.
Il semblerait qu’il n’est pas judicieux de choisir de se jeter en bas d’un édifice quand on veut se suicider parce que, dans la plupart des cas, les personnes changeraient d’avis pendant leur chute. Je ne sais pas comment on peut avancer une telle théorie, puisque ceux qui se jettent en bas d’un édifice suffisamment haut meurent bel et bien. Ce sont des études sur les effets de l’adrénaline qui ont amené des chercheurs à émettre cette hypothèse.
Quand même, j’ai fait jusqu’à maintenant le chemin que je suis capable de faire, seule, avec ma vie. Pour agrémenter ce chemin, j’ai travaillé sur quelques mosaïques au foulard rouge. Je présente aujourd’hui papa. Il ne me poursuivra pas en justice pour utiliser sa photo sans sa permission.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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