HD – Intermède

Pour ceux qui l’auraient oublié, HD, dans le titre, signifie Hors décade. Ce n’est peut-être pas superflu de le préciser, étant donné que je l’avais oublié moi-même. Tous les articles que je publie qui ne s’inscrivent pas dans le décompte des 2 200 jours qu’il me reste à travailler avant de prendre ma retraite sont classés dans cette catégorie. Au moment d’écrire le titre dans la case à cette fin sur mon blogue, pour le mot d’aujourd’hui, je me suis demandé si j’écrivais le mot Intermède précédé ou non des lettres HD. Je ne m’en souvenais plus. Pour vérifier, je suis allée fouiller dans les deux gros cartables qui contiennent mes textes imprimés des deux années que j’ai complétées. Ça fait pas mal de pages. J’écris Intermède, tout court. Pour prendre de l’avance et me ménager une semaine confortable sans consigne à respecter pendant au moins deux jours, j’ai écrit, dimanche dernier, les textes 1 709 et 1 708 qui sont associés aux jours travaillés d’hier lundi et d’aujourd’hui mardi. Donc, ce soir, voici un intermède.
Qu’ai-je fait, lundi et mardi midi, ayant écrit mes textes ? Je suis allée marcher avec un collègue lundi, et une collègue aujourd’hui mardi. Avec mes bottes à talons lundi, c’était très inconfortable, avec mes baskettes maintenant sales et d’aspect négligé aujourd’hui mardi. Paradoxalement, nous avons marché lundi en terrain escarpé derrière les pavillons de l’université à même la montagne, si si, c’est possible, et bien à plat sur les trottoirs aujourd’hui mardi nous rendant sur la Côte-des-Neiges acheter des baguettes de pain. Je n’ai pas traîné ma collègue au Pharmaprix, le commerce que je fréquente le plus assidûment de tout le quartier, puisque mes réserves de Coumadin se maintiennent à un niveau acceptable.
Si je voulais vraiment créer un concept d’exposition extraordinaire, me suis-je dit en rentrant tout à l’heure à la maison, après être allée voir Né quelque part au Ciné-Campus et après avoir fait une partie de mon trajet avec Simona, j’essaierais d’écrire une histoire qui se tient à partir des 26 titres de mes toiles. Admettons que je fais un test avec les cinq premières toiles dont on sait que les titres sont les suivants :

À Barcelone, édifice un soir d’été – Jour 1 727
Barcelone, rue d’un quartier – Jour 1 728
Chapelles sur flanc escarpé – Jour 1 714
Désinvolture casquée – Jour 1 720
Écervelé – Jour 1 722

Pour faciliter l’exercice, il est possible d’utiliser des tournures poétiques, des phrases elliptiques, des répétitions, des séries de mots qui nous séduisent par leur effet sonore, ce genre de choses.

À Barcelone, atteignant un édifice un soir d’été, à Barcelone dans cette rue d’un quartier bordé d’arbres gigantesques dont les feuilles bruissaient somptueusement, se sont imposées à nous, tout d’un coup, une série de chapelles bizarrement appuyées l’une sur l’autre, à même un flanc escarpé. Avec son habituelle désinvolture, –il serait casqué, soldat en service militaire, qu’il afficherait la même désinvolture et le même sourire en coin–, Clovis s’est exclamé qu’il ferait bon nous recueillir dans une de ces grottes, c’est ainsi qu’il a désigné la première chapelle dans laquelle il nous a fait entrer.
– À ce moment-là, tu dois retirer ton couvre-chef, ai-je chuchoté à l’oreille de mon compagnon.
– M’étirer jusqu’à la nef ?, a-t-il demandé n’ayant pas entendu ma recommandation.
Pour mieux me faire comprendre, j’ai opté pour un vocabulaire moins recherché :
– Enlève ta casquette !, ai-je exprimé alors que nous empruntions l’allée centrale en direction des lampions dont les flammes vacillantes nous attiraient.
Pensant peut-être que j’avais froid, Clovis a retiré sa casquette pour me la mettre sur la tête.
– Petite cervelle !, m’a-t-il dit affectueusement, en m’embrassant furtivement, constatant à quel point sa casquette est trop grande pour moi.
– Ma belle écervelée, mon cervelas, ma Lyncha à moi, a-t-il enchaîné, subitement ému, en me serrant contre lui.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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