Jour 1 724

Superposés

Superposés
Acrylique sur toile, gomme réserve
20 X 24 po

Ils sont trois l’un sur l’autre, d’où le titre Superposés, mais je pense qu’il faut le savoir. Ou encore il faut s’installer devant la toile et la regarder attentivement. L’autre jour, alors que ça fait plus d’un an qu’il l’a sous les yeux, Clovis s’est arrêté devant la toile, la tête inclinée car elle est installée en hauteur, et il y a dénombré de lui-même, sans explication de ma part, trois animaux.
– D’abord une marmotte, me dit-il, en parlant de l’animal noir que je considère être un loup.
– C’est un loup.
– Impossible, a-t-il répondu, en s’étonnant au même moment de découvrir une autre forme animale, dans la section jaune.
– On dirait la partie arrière d’un ours ?
– Où serait alors la partie avant ?, ai-je demandé pour l’embêter puisqu’il n’y a pas de partie avant.
– Il n’y en a pas, m’a-t-il répondu, sûr de lui.
– Exact. C’est tout ?
– Qu’est-ce que tu veux dire, c’est tout ? C’est déjà pas mal, il me semble, une marmotte et une moitié d’ours.
– Tu ne vois que deux animaux, enfin, un et demi ?, ai-je demandé en regrettant immédiatement l’utilisation de la négation qui lui donnait la réponse.
– Ah bon, il y en aurait d’autres ?
Il s’est éloigné de la toile, essayant de trouver d’autres amis animaux, qu’il n’a pas trouvés. Mais plus tard dans la journée, en passant devant la toile sans vraiment la regarder, un déclic a semblé s’opérer. Il s’est arrêté, a reculé d’un pas pour revenir vers la toile, et s’est exclamé qu’il y avait quelque chose d’autre, un quelque chose d’autre à quatre pattes en imprimé léopard.
– Wow !, t’es bon d’avoir trouvé, me suis-je exclamée à mon tour.
Il y a donc dans cette toile, d’inspiration autochtone selon Clovis, remplie à souhait comme la plupart de mes toiles, un quadrupède mi-vache mi-mouton à peau tachetée qui couvre une bonne partie de la surface. Il se tient tellement raide qu’on peut penser qu’il n’a jamais bougé de sa vie. Quand j’ai réalisé à quel point ce quadrupède était raté, j’ai voulu le couvrir d’une longue tige de pétales sombres sur lesquels j’ai travaillé longtemps avant de me rendre compte que cette tige était aussi raide et ratée que mon animal à quatre pattes. C’est alors que j’ai inventé une grosse tache jaune pour cacher une partie de la tige. Je me suis amusée à tracer des orteils aux extrémités des deux portions jaunes qui débordent de la tache. De fil en aiguille, j’ai modelé la masse jaune qui est devenue l’arrière-train d’un demi-ours. L’existence d’un loup marmotte fait l’unanimité en ce sens que l’on reconnaît la présence d’un animal gris et noir (à queue de renard), même si l’espèce reste à définir.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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2 réponses à Jour 1 724

  1. Jacques Richer dit :

    Un loup-marmotte-tapir? pas pire!

    J’aime

  2. Ping : Jour 1 717 | Les productions Badouz

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